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Le rigoureux cours de rigueur du professeur Hollande

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 27.01.2012 à 11 h 59

Quatre jours après son discours offensif du Bourget, le candidat socialiste s'est livré jeudi matin à un exposé prudent sur son programme.

DANS LA MOITEUR DE LA MAISON DES MÉTALLOS (PARIS 11E), où la presse est rassemblée ce jeudi matin pour la présentation de son programme, François Hollande attaque «l’improvisation» et la «fuite en avant» sur les questions de fiscalité. Puis lâche: «Vous aurez compris que je faisais référence aux projets sur la TVA.» Ex-pli-cite: jeudi matin, le candidat socialiste a posé en prof la rigueur, plus dans l’explication que dans l’attaque à demi-mots, malgré une pique sur un candidat (devinez qui) qui lui fait «une compétition non déclarée».

La semaine dernière, son équipe avait laissé filtrer l’idée d’un discours «personnel» et politique le 22 janvier, suivi d’une présentation détaillée du programme le 26. Le discours du Bourget ayant été plus programmatique que prévu, cette présentation a révélé moins d’éléments nouveaux qu’on pouvait s’y attendre.

Même si on en trouve une poignée dans la petite plaquette de 42 pages qui compose le programme et sera être distribuée à 15 millions d’exemplaires: la formule précise qui serait utilisée pour inscrire la loi de 1905 dans la Constitution, l’idée d’une peine d’inéligibilité de dix ans pour les élus condamnés pour corruption…

Mais l’exposé du candidat Hollande a surtout été un défilé de chiffres, pourcentages et milliards: «Je ne promets que ce que je suis capable de tenir. Tout ce qui est dit sera fait dans le quinquennat», a affirmé celui qui ne veut pas devenir «ce président qui dit aux Français de [le] comprendre parce [qu’il] a changé… de politique».

«J'ai voulu insister sur le financement»

Quand un journaliste l’interroge sur la part de «rêve français» de son programme, il répond: «Ce matin, j’ai voulu insister sur le financement. J’ai suffisamment insisté au Bourget sur l’égalité et la justice.» Puis, quand il est interpellé sur son programme en matière d’accueil de la petite enfance: «Je ne veux pas afficher d’objectifs chiffrés si je ne suis pas capable de les tenir.»

Ce discours lui a aussi permis de riposter à Nicolas Sarkozy, qui l’a accusé «d’attaques absolument sans précédent contre les classes moyennes», en se posant en protecteur de celles-ci concernant les taux de l’impôt sur le revenu et le quotient familial. Même s’il a par ailleurs, à un moment, semblé laisser ses adversaires derrière lui en en parlant comme ses «prédécesseurs», comme s’il était un Premier ministre prononçant un discours de politique générale...

Après avoir scandé, dimanche au Bourget, les grandes dates et noms de l’histoire de la gauche, il a d’ailleurs eu recours jeudi matin à un autre genre de référence, les réformateurs anglo-saxons d'aujourd'hui. Hormis ceux de ses camarades du PS, les seuls noms cités ont été ceux de Paul Volcker, l’architecte de la réforme financière d’Obama, de John Vickers, l’ancien chef économiste de la Banque d’Angleterre qui a élaboré celle en cours outre-Manche, et du milliardaire philanthrope Warren Buffett.

Photo: François Hollande lors de la présentation de son programme, le 26 janvier 2012. REUTERS/Charles Platiau.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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