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PS: les postes créés dans l'Education nationale le seront par redéploiement

Slate.fr, mis à jour le 18.01.2012 à 17 h 06

Le débat sur la création de 60.000 postes dans l’Education nationale vient à nouveau semer le trouble au sein du PS, obligeant François Hollande à clarifier sa proposition. Son projet impliquera une «création nette pour l'Education, mais à périmètre constant de la fonction publique d'Etat», a précisé à l'AFP, mercredi 18 janvier, son responsable éducation, Vincent Peillon:

«Chaque année, il y a 30.000 départ à la retraite dans l'Education, nous les remplacerons intégralement. Nous rattraperons les suppressions de postes du précédent quinquennat en créant 12.000 postes chaque année pendant cinq ans. Ces postes seront repris sur l'ensemble de la Fonction publique.»

Cette mise au point vise à rétablir l'ordre au sein du PS. En effet, par un communiqué rendu public mardi 17 janvier, l’aile gauche du parti avait cherché à mettre la pression sur le candidat à la présidentielle afin de s’assurer que cette proposition corresponde à une création nette de postes:

«Si les 60.000 créations de postes annoncées ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education nationale. Cela n’aurait aucun sens.»

Par ce communiqué, le porte-parole du PS Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lieneman réagissaient aux déclarations de Jérôme Cahuzac. Le président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, en charge des finances dans l’équipe de campagne de François Hollande, avait en effet affirmé lundi sur France 2 que la France n’avait «pas les moyens de créer ces postes» et que l'Education nationale devrait être renforcée par un «redéploiement des fonctionnaires».

Une idée qui avait émergé début septembre

Petit rappel des faits; le projet de budget pour 2012 prévoit le non-renouvellement de 14.000 postes d’enseignants, portant à 66.000 le nombre de suppressions sur l’ensemble du quinquennat. D'où l'idée, lancée par François Hollande le 9 septembren de recréer en cinq ans les postes disparus, à raison de 12.000 par an.

A l’époque, Martine Aubry s’était empressée de dénoncer le «flou» de la proposition du député corrézien. La situation avait aussi fait le bonheur de l’UMP et du gouvernement, Luc Chatel fustigeant immédiatement une mesure «révélatrice de l’irresponsabilité du PS sur la question des finances publiques». Le ministre de l’Education nationale estimait par ailleurs que la proposition coûterait 7,5 milliards d’euros sur cinq ans, contre 2,5 milliards selon François Hollande.

Dès le mois d’octobre, Michel Sapin, en charge du projet présidentiel de François Hollande, assurait que toute création de poste serait «bien entendu» compensée par des suppressions ailleurs. L’interprétation de Jérôme Cahuzac, dont Benoît Hamon s’est dit «surpris», n’était donc ni surprenante, ni nouvelle.

François Hollande intervient alors que ce conflit interne risquait de le faire apparaître comme étant incapable de trancher un débat. Une faiblesse que n’a pas manqué de relever Jean-François Copé, pour qui le candidat socialiste «devient de plus en plus celui qui ne décide rien». Luc Chatel y est lui aussi allé de sa petite pique, en déclarant «les socialistes ont inventé un nouveau concept: la promesse qui fait pschiiit avant même l’élection».

Photo: l'épreuve 2011 du bac philo au lycée Clemenceau de Nantes. REUTERS/Stéphane Mahé.

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