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Bayrou: «l'aire d'autoroute» ou la voie royale?

Slate.fr, mis à jour le 16.01.2012 à 19 h 16

Selon les cinq derniers sondages (BVA, OpinionWay, Ifop, CSA et LH2) publiés depuis une semaine, 11% à 15% des Français seraient prêts à voter François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle. Une remontée spectaculaire qui suffit à affoler commentateurs et conseillers, qui commencent à s’attendre à un combat à quatre dans lequel Sarkozy, Le Pen, Bayrou et Hollande seraient dans un mouchoir autour des 20%.

Comme le rappelle Le Monde, Bayrou a réussi à doubler son score dans les sondages en l'espace de deux mois, puisqu’il était donné autour de 6-7% en novembre. La recette qui avait permis au candidat MoDem d’atteindre 18,57% des suffrages en 2007 (un score néanmoins inférieur aux 23% qu’on lui attribuait en mars, et insuffisant pour se qualifier pour le second tour) fonctionnera-t-elle encore en 2012?

Sa principale force était alors d'avoir réussi à grignoter des voix de chaque côté de l'échiquier politique. Un phénomène qui continue à opérer, comme l'explique au Monde Brice Teinturier, le directeur général délégué d'Ipsos, en faisant profiter le candidat centriste de «la déception vis-à-vis des deux favoris».

«Aire d’autoroute» pour les déçus de l’UMP et du PS, selon un conseiller cité anonymement par le blog Sonde système, «réceptacle de la désillusion des gens raisonnables», selon les propos, toujours anonymes, d’un ministre, Bayrou serait donc servi par son positionnement anti-système. Pour le vice-président du MoDem Robert Rochefort, interrogé par Le Monde, la seule vraie question est de savoir si «les électeurs voteront contre le système ou pas». Selon lui, l'électorat de Marine Le Pen est constitué de «50% de soutiens idéologiques et de 50% de gens perdus», une réserve de voix non négligeable.

Marine Le Pen, justement, est l’autre candidate dont les sondages sont surveillés de près à l’Elysée. Et pas forcément en tant que menace: le conseiller Patrick Buisson, cité lui aussi par Sonde système, dit craindre moins un «21-Avril à l'envers» (l’élimination de Sarkozy par Le Pen) qu'un «21-Avril bis», c’est-à-dire un second tour droite-extrême-droite. Selon le politologue, par ailleurs dubitatif sur la campagne et la crédibilité de la candidate frontiste, 90% de l'électorat de Nicolas Sarkozy serait sûr de voter pour lui, contre seulement 70% de l'électorat habituel de Hollande: l'UMP pourrait ainsi compter sur un effritement des voix se portant sur le candidat socialiste.

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