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Le «AA+» sera-t-il à Hollande ce que la faillite de Lehman Brothers a été à Obama?

Cécile Dehesdin, mis à jour le 17.01.2012 à 19 h 21

L'économiste Karine Berger compare la situation de son candidat à celle de Barack Obama en 2008.

François Hollande le 12 janvier 2012, dans son QG de campagne à Paris. REUTERS/Gonzalo Fuentes

François Hollande le 12 janvier 2012, dans son QG de campagne à Paris. REUTERS/Gonzalo Fuentes

SLATE.FR SE PROPOSE DE RETRACER QUOTIDIENNEMENT les évènements qui ont marqué la campagne présidentielle française de 2007 (le vote de 2012 tombe le 22 avril et le 6 mai, exactement comme il y a cinq ans), mais devrions-nous aussi nous pencher sur la campagne américaine de 2008?

Au lendemain de la dégradation de la note de la France d'AAA en AA+ par l'agence de notation Standards & Poor's, l'économiste et conseillère en économie de François Hollande, Karine Berger, a comparé la situation de son candidat à celle de Barack Obama en 2008, analysant:

«S'il devait y avoir une nouvelle panique financière, il faudra trouver des solutions crédibles et rapides pour protéger le financement de l'économie réelle. François Hollande serait un peu dans la même situation que Barack Obama en 2008: lorsque Lehman Brothers a fait faillite, mi-septembre, on était dans la dernière ligne droite de la campagne américaine. Cela ne l'a pas empêché d'être élu.»

La faillite de Lehman Brothers avait été un moment marquant de la campagne américaine: le 15 septembre 2008, jour même où la banque déclarait faillite, et alors que son équipe diffusait une nouvelle publicité vidéo qui commençait par les mots «notre économie est en crise», John McCain affirmait lors d'un meeting:

«Les fondamentaux de notre économie sont forts.»

Même s'il avait alors également reconnu qu'il y avait «un immense désarroi sur nos marchés financiers et à Wall Street», la campagne de Barack Obama s'était jetée sur l'occasion pour souligner qu'il était complètement déconnecté des préoccupations des Américains, se fendant même d'un spot publicitaire:

Pour la campagne démocrate, «le timing n'aurait pas pu être meilleur», racontait The Plain Dealer à l'époque: «McCain était en train de progresser dans les sondages, boosté par la convention républicaine et sa décision surprise de prendre Sarah Palin comme vice-présidente». Après cette gaffe, et plus généralement avec la crise économique, les sondages sont repartis du côté d'Obama.

De la même façon que le camp du candidat démocrate accusait le président George Bush Jr d'être responsable de cette situation économique catastrophique, le parti socialiste insiste sur la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans la perte du triple A.

Dans une interview au Monde, François Hollande a ainsi rappelé que «le président sortant avait fixé comme un "objectif", et même comme une "obligation", la conservation du triple A», avant d'ajouter:

«Une fois encore, la promesse n'a pas été tenue.[...] Cette sanction signe l'échec de son quinquennat

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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