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La guerre de mouvement de Sarkozy

Jean-Marie Colombani, mis à jour le 10.01.2012 à 11 h 43

A Berlin, le 9 janvier 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch

A Berlin, le 9 janvier 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch

J-105 - Comment le chef de l'Etat réussit à «piloter l'agenda».

LA GAUCHE AVAIT, AU LONG DU MANDAT de Nicolas Sarkozy, réussi à ancrer l’idée que ce dernier était «le président des riches». En quelques semaines, la machine de guerre sarkozyste a réussi à imposer le thème d’un Hollande «paresseux», selon la délicate expression de Valérie Pécresse.

Ce qui est le plus frappant, c’est l’ampleur du commentaire dominant dénonçant l’absence de projets du côté de François Hollande. Et dans le même temps, Nicolas Sarkozy multiplie les annonces: hier la TVA sociale, aujourd’hui la taxe Tobin sur les transactions financières.

La thématique du chef de l’Etat, servie par une organisation au cordeau —des troupes et des porte-parole disciplinés et omniprésents— est simple: il faut montrer qu’en face d’un Hollande «mou et flou» (on notera au passage que cette thématique, qui était celle de Martine Aubry, avait échoué), le président agit et se démultiplie.

On est donc passé de la TVA sociale à la taxe Tobin. La première est impopulaire, car elle amputerait le pouvoir d’achat et casserait probablement tout espoir de relance. Mais qui nous dit qu’elle serait applicable maintenant?

L’important, c’est l’annonce; et la posture de celui qui se saisit d’un vrai problème —la compétitivité— alors qu’en face le candidat socialiste est censé esquiver cette même difficulté. Et quant à l’impopularité, elle peut être contrebalancée par la popularité automatique que peut apporter l’idée d’une taxation des transactions financières.

Laquelle, en outre, puise dans l’argumentaire de la gauche et place celle-ci dans la nécessité, peu ou prou, d’approuver.

On le voit donc, Nicolas Sarkozy a plus d’un tour dans son sac. Et il a pour lui de réussir à piloter l’agenda, comme on dit. Cela ne l’autorise pas à penser qu’il est en situation d’être réélu, car il est loin du compte. Mais les conditions d’une compétition plus ouverte sont en train de se mettre en place.

JMC

Jean-Marie Colombani
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