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Bayrou plutôt que Le Pen: le troisième homme sera un homme

Jean-Marie Colombani, mis à jour le 09.01.2012 à 17 h 27

Le 3 janvier 2012 à Paris. Charles Platiau/REUTERS

Le 3 janvier 2012 à Paris. Charles Platiau/REUTERS

J-105 - Marine Le Pen, très haute dans les sondages, ne devrait pas accrocher le second tour. Alors que François Bayrou...

TOUT TOURNE AUJOURD'HUI AUTOUR DU SONDAGE de l’Ifop qui montre une réduction de l’écart, au premier tour, entre François Hollande et Nicolas Sarkozy (respectivement 28 et 26 % des intentions de votes) et de l’enquête publiée par Libération, situant à 30% le nombre des Français qui pourraient, éventuellement, un jour, voter pour Marine Le Pen.

Les sondages d’abord. Ils enregistrent, pour une part, un simple retour à la réalité d’un rapport des forces qui devrait, normalement, conduire les courbes à se croiser. Ce croisement sera d’ailleurs un moment clé de la campagne car c’est à partir de là que Nicolas Sarkozy peut espérer ré-enclencher, en sa faveur, une dynamique.

La logique électorale voudrait en effet qu’ayant pratiquement fait le vide à droite, Nicolas Sarkozy s’approche de la zone des 30%, tandis que François Hollande devrait se stabiliser dans celle des 26/27%. C’est ce mécanisme qui est en route. Nicolas Sarkozy ressaisit progressivement son électorat.

Mais il ne va pas au-delà. Et, pour le second tour, il reste fortement handicapé par le fait qu’il reste minoritaire dans toutes les catégories de la population et par des reports insuffisants venant aussi bien de Marine Le Pen que de François Bayrou.

Dans les souhaits de victoire, il est à la fois distancé par François Hollande (10 points) et talonné par François Bayrou (26% contre 31%). C’est là, pour moi, un des enseignements importants de l’enquête de Libération, car elle montre que François Bayrou, à partir du socle qu’il a reconstitué, a toutes chances d’être l’arbitre du scrutin. Et ce, d’autant plus que les autres candidats,  se réclamant de la gauche, font de très mauvais scores.

Eva Joly ne va pas tarder à disparaître des écrans; Jean-Luc Mélenchon paie son agressivité à l’égard de François Hollande.  Son «capitaine de pédalo» a fait beaucoup rire à droite et au-delà mais a cassé net sa progression. Du coup, où sont les réserves de Hollande, sinon chez Bayrou?

En revanche, le hiatus entre les intentions de votes en faveur de Marine Le Pen (19%) et les 16% de souhaits de victoire montre bien que celle-ci est considérée comme un leader protestataire. Elle reprend, en gros, le rôle du PCF dans les années 70 qui était, comme disaient les sociologues, d’exercer «une fonction tribunicienne».

Quant aux 30% qui accepteraient de considérer l’hypothèse d’un vote en sa faveur, ils représentent une population  qui se sent proche des idées du FN. C’est en soi un élément inquiétant bien sûr. La stratégie de Marine Le Pen est évidemment de contribuer à la défaite de Nicolas Sarkozy pour ensuite se placer au cœur d’une recomposition espérée de la droite.

C’est davantage dans cette perspective des lendemains d’une défaite de Sarkozy qu’il faut regarder ce potentiel d’adhésions de 30%, alors que, pour l’élection présidentielle elle-même, et la désignation donc du chef de l’exécutif, Marine Le Pen ne devrait pas s’écarter de la zone des 20%. C’est très haut, mais ça ne devrait pas lui permettre de se qualifier pour le deuxième tour.

JMC

Jean-Marie Colombani
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