Économies d’énergie: quoi de neuf dans le neuf ?
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Économies d’énergie: quoi de neuf dans le neuf ?

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Avant de construire sa maison, il faut se poser les bonnes questions en matière d’économie d’énergie. Et trouver les bonnes réponses.

Ça y est. Vous avez trouvé le terrain et obtenu l'accord de votre banquier: vous allez enfin avoir votre maison. Celle que vous aurez choisie, celle qui aura été construite pour vous. Vous savez exactement ce que vous voulez –ou pas tout à fait, mais les architectes sont aussi là pour ça— nombre de pièces, look de la cuisine, couleur des murs.

C'est le moment de tous les possibles, tant qu'ils entrent dans le budget. Un détail, toutefois, qu'on a parfois tendance à oublier: les économies d'énergie. Avant de faire construire, il y a des solutions à prendre en compte pour anticiper ses factures futures, et se coucher chaque soir avec l'idée qu'on aura évité de –trop– gaspiller. S'il y a des gestes simples, au quotidien, pour maîtriser sa consommation, certains aménagements sont à penser dès la conception de son chez-soi.

Les bonnes questions à se poser avant

Afin de réduire sa facture en électricité, il est essentiel de faire du soleil son allié: capter sa chaleur et sa lumière en hiver, s’en prémunir en été. Pour cela, il faut réfléchir dans quel sens orienter sa maison, un peu comme quand on joue aux Sims. L’exposition sud présente évidemment tous les atouts. En hiver, le soleil bas réchauffe les murs et pénètre par les fenêtres, assurant ainsi un chauffage de base de l’habitation.

En été, le soleil tombe verticalement, et n’entre pas directement dans la maison. Si les inconvénients de l’exposition nord paraissent à tous évidents, l’exposition est-ouest n’est pas des plus recommandées. Elle offre certes une vue sur le levant et le couchant, mais la façade ouest de la maison accumule la chaleur à cause de l’exposition directe qu’elle reçoit du soleil de l’après-midi. Et génère logiquement des surchauffes en été.

Une fois qu'on a le bon sens, on pose les fenêtres. Il est important de prévoir dès la conception de la maison les emplacements des vitrages et ouvrants, nettement moins isolants thermiquement, que les murs pleins. L’idéal étant de les disposer sur les quatre faces de la maison afin de bénéficier d’une ventilation traversante l’été. Avec, pour être complet, une répartition de la surface totale des fenêtres à respecter pour des économies optimales : 50% au sud, 20% à l’ouest, 20% à l’est et 10% au nord.

Tout ça, sans oublier de bien réfléchir à la forme de sa construction, qui influe elle aussi sur sa consommation d’énergie. Plus la bâtisse est compacte, moins il y a de pertes thermiques, et moins la maison sera énergivore. Le rapport des surfaces des parois en contact avec l’extérieur sur la surface habitable doit être le plus faible. La forme idéale est la sphère. Mais pour des raisons évidentes de production –allez installer des étagères IKEA contre un mur arrondi–, les architectes lui préfèrent le cube. Un bâtiment cubique consomme moins qu’un autre en forme de L, par exemple, moins compact.

Se couper du reste du monde

Faut-il le rappeler: une maison bien isolée est la base des économies d'énergie. Celle-ci doit présenter le moins de «ponts thermiques» possibles, ces endroits où la barrière isolante est rompue. Ces ponts thermiques, on les trouve le plus souvent entre le plancher et les murs, et la façade et les combles. Tous ces endroits auxquels on ne pense pas, alors qu'on met le paquet sur les murs et le toit. Ainsi, des combles mal isolés peuvent représenter jusqu’à 30% des déperditions d’énergie d’une maison.

Pour réduire ces ponts thermiques, deux solutions existent: l’isolation intérieure et l’isolation extérieure. Si l'isolation intérieure est plébiscitée par les Français, c'est parce qu'elle offre de nombreux avantages: son coût peu élevé et sa modularité (elle permet de mener à son rythme et indépendamment les travaux dans chaque partie de la maison). Pourtant elle ne résout que partiellement les ponts thermiques, du fait de la multiplicité des isolants et des différentes propriétés et performances de ceux-ci.

Voilà pourquoi il faut aussi avoir recours à l’isolation extérieure. La façade de la maison peut être recouverte d’un bardage en bois, PVC, fibrociment ou zinc. Le but, offrir une résistance thermique homogène du bâtiment, et réduire efficacement les ponts thermiques. Avec un sacré avantage: l’isolation extérieure ne fait pas perdre de place sur la surface habitable et les travaux peuvent être réalisés en hiver. Revers de la médaille: c'est plus cher.

Pour tous ces travaux d’isolation (mais également pour le chauffage, l’installation de systèmes d’énergies renouvelables ainsi que pour les travaux de menuiserie), EDF offre aux particuliers la possibilité de bénéficier de primes d’énergie pouvant aller jusqu’à 2 000 euros. Et pour éviter les mauvaises surprises (devis incompréhensibles, compétences douteuses, non-respect des délais…) ils peuvent faire appel à des professionnels dans différents corps de métier: les Partenaires Solutions Habitat EDF.

Brasser de l'air, c'est utile

Une maison bien isolée, c'est une maison... hermétique. Comment faire, alors, pour évacuer l'air vicié ou les nombreux polluants qui envahissent notre maison sans ouvrir en permanence les fenêtres (et perdre ainsi le bénéfice de son isolation). Il y a évidemment une solution: la ventilation mécanique contrôlée (VMC). Elle aspire et rejette à l’extérieur l’air des pièces humides (cuisine, salle de bain, buanderie…) tout en faisant pénétrer l’air de l’extérieur. Rien de révolutionnaire, on en a tous chez nous.

Mais combinée à une pompe à chaleur, elle peut se transformer en échangeur air-sol. Également appelé «puits canadien» ou «puits provençal», cet échangeur permet un chauffage et une climatisation naturels. En hiver, le sol a une température supérieure à celle de l’extérieur. En passant par les tuyaux, l’air se réchauffe avant de pénétrer dans la maison. En été, c’est l’inverse et le système permet de rafraîchir l’habitation. C'est comme ça qu'on arrivait à faire des glaçons dans le désert. Écologique et économique à l'usage, le système nécessite tout de même un investissement important. Comptez 20 000 euros pour l'installation (il faut placer les tuyaux dans le sol à deux mètres de profondeur). Heureusement, il existe des dispositifs d’aides financières tels que le crédit d’impôt Transition Energétique ou le dispositif «Coup de pouce économies d’énergie» permettant aux ménages de réduire fortement le coût d’installation d’une pompe à chaleur.

Ce genre d'installation est un pas dans la nouvelle tendance qui vise à passer du bâtiment basse consommation (BBC) qui, comme son nom l’indique, consomme peu, au bâtiment à énergie positive (BEPOS) qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Bien isolée, bien ventilée, étanche à l’air, la maison BEPOS produit une partie de l'énergie qu'elle consomme. À l’aide de capteurs solaires thermiques pour le chauffage, de capteurs photovoltaïques et d’éoliennes pour la production d’électricité, elle peut même réinjecter ce surplus énergétique via les réseaux électriques ou de chaleur.

Construire, mais aussi agir

Mais pour pouvoir agir, encore faut-il savoir ce que l’on consomme. D’où l’intérêt du compteur connecté Linky qui permet de connaître en temps réel sa consommation d’électricité ou encore de la solution e.quilibre d’EDF qui permet de mieux la comprendre et de la réduire en identifiant les principaux postes de dépenses et en obtenant des conseils personnalisés.

Les stations de pilotages Sowee offrent par ailleurs la possibilité de piloter au doigt et à la voix sa consommation d’électricité et de gaz. Mais toutes ces solutions, aussi ingénieuses puissent-elles être, ne suffisent pas. Et certains gestes simples permettent de réduire les dépenses énergétiques. L’entretien de sa chaudière par exemple (le chauffage représentant 65 % des dépenses d’énergie d’un foyer). Une chaudière mal entretenue dure deux à trois fois moins longtemps. Et un ballon d’eau chaude mal détartré peut consommer jusqu’au double d’électricité… Ou encore le choix à l’achat de ses appareils électriques grâce à la plateforme Électriscore qui permet de comparer la consommation énergétique des appareils électriques (lave-linge, TV, réfrigérateurs…).

Autre piste non négligeable : la consommation en veille des appareils électriques de la maison qui peut représenter jusqu’à 10% de la facture d’électricité hors chauffage. Alors autant les éteindre. Pour cela, rien de mieux que d’en brancher plusieurs regroupés par famille d’utilisation (Hi-Fi, TV…) sur une multiprise dédiée et munie d’un interrupteur. Autre geste à adopter pour éviter la «consommation fantôme»: débrancher les appareils électriques tels que les chargeurs de portables lorsque l’on ne les utilise pas. Pour l’éclairage, préférez les ampoules basse consommation. Pour l’entretien du linge, évitez autant que faire se peut l’utilisation du sèche-linge, énergivore. Et préférez les programmes éco et basses températures (laver à 40°C plutôt qu’à 60°C, c’est 25% d’électricité économisée !).

Nos habitudes numériques sont, elles aussi, perfectibles en termes d’économie d’énergie. D’où l’intérêt de connaître les bons réflexes. Pensez à alléger vos mails. Zappez les économiseurs d’écran. Un écran de veille animé consomme presque trois fois plus d’énergie qu’un écran noir et empêche l’ordinateur de passer en mode veille. Préférez le téléchargement au streaming. De manière générale, il vaut mieux choisir le téléchargement (légal, bien entendu) plutôt que le streaming, très gourmand en énergie. Surtout si on souhaite regarder plusieurs fois les contenus. Préférez également les disques durs externes au cloud pour le stockage de vos données. Quand elles sont conservées dans le «cloud», elles sont en réalité stockées dans des data centers excessivement énergivores. Si le «cloud computing» était un pays, il serait le sixième plus gros consommateur d’électricité du monde, bien loin devant la France.

Enfin, gardez les bons réflexes et évitez d’imprimer plus que nécessaire. On se moque parfois de ceux qui signent leurs mails d'un «Avant d'imprimer ce mail, pensez à l'environnement». Pourtant, ils ont raison: un quart des documents imprimés sont jetés moins de cinq minutes après leur impression. Et un sur dix n’est jamais lu. Economiser de l’électricité, c’est bien. De l’électricité et du papier, c’est encore mieux !

Crédit photo: Pixabay
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