Les énergies vertes voient l’avenir en rose
Économie

Les énergies vertes voient l’avenir en rose

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Slate.fr

Avec l’annonce de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route pour les dix prochaines années, la France fait le pari d’une forte augmentation des énergies renouvelables dans sa production énergétique. Mais quelles énergies vertes et dans quelle mesure?

Le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé le 27 novembre 2018 que la part des énergies renouvelables allait plus que doubler dans les dix prochaines années, passant de 19 % du mix énergétique français aujourd’hui à 40% en 2028. Pour cela, le Président de la République a expliqué dans son discours que le pays allait désormais investir «7 à 8 milliards d’euros par an» dans le développement des énergies renouvelables, contre 5 milliards actuellement.

En termes d’exploitation des énergies renouvelables, la France dispose de sérieux atouts: un ensoleillement propice au développement de l’énergie solaire; des vents réguliers pour l’éolien, auxquels s’ajoute une grande façade maritime aisément exploitable pour l’éolien offshore.

Mais ces énergies nouvelles sont intermittentes: le rendement des éoliennes est fluctuant et celui des installations solaires est fatalement conditionné par la météo ainsi que par l’alternance jour/nuit. D’où la nécessité de conforter le déploiement de ces nouvelles énergies renouvelables en s’appuyant sur les deux autres principales énergies à forte productivité et peu émettrices en carbone que sont l’énergie nucléaire et l’énergie hydraulique.

Un avenir solaire ambitieux

Parmi les chantiers du développement des énergies renouvelables, le solaire apparaît sûrement comme le plus ambitieux. Pour les dix prochaines années, l’exécutif prévoit de multiplier par cinq la capacité de production d’énergie solaire, qui ne représente actuellement que 2,1% du mix énergétique français, d’après le Panorama de l’électricité renouvelable publié par RTE (Réseau de transport d'électricité) en novembre 2018. Selon les chiffres avancés par le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Syndicat des énergies renouvelables, elle passerait de 7,7 GW en 2017 à une valeur comprise entre 35,6 et 44,5 GW en 2028.

Pour cela, la France s’appuie sur plusieurs projets : celui d’EDF qui compte, d’ici à 2035, développer une capacité photovoltaïque de 30 GW, celui de Total qui table sur 10 GW d’ici à 2028, et celui d’Engie de 2,2 GW d’ici à 2021.

L’envolée de l’éolien

Le secteur éolien, qui représente aujourd’hui 5,5% du mix énergétique selon le Panorama publié par RTE, a également le vent en poupe. Dans les dix prochaines années, l’éolien terrestre devrait voir ses capacités de production tripler. Toujours selon les chiffres du Ministère de la transition écologique et solidaire et du Syndicat des énergies renouvelables, elles devraient passer de 13,6 GW en 2017 à une valeur comprise entre 34,1 et 35,6 en 2018.

Autre facette de l’énergie éolienne et autre grand chantier : l’éolien offshore, pour l’heure inexistant sur les côtes françaises.

Plus coûteux que l’éolien terrestre, dans sa mise en œuvre, sa construction et par le raccordement au réseau, l’offshore se révèle plus productif que l’éolien terrestre. Quand une éolienne terrestre possède une puissance moyenne de 3 MW, celle d’une éolienne installée en mer est comprise entre 4 et 8 MW.

Grâce aux projets annoncés de parcs éoliens en mer, d’une puissance d’environ 500 MW chacun, la France compte atteindre une production de 2,4 GW en 2023 et de 5GW en 2028. Pour l’heure, seulement six projets implantés dans la Manche et dans l’Atlantique ont été actés, les trois autres projets en Méditerranée n'ayant toujours pas reçu d'autorisation (le projet Provence Grand large d’EDF sur la zone de Faraman, le projet Les éoliennes flottantes Golfe du Lion d’Engie sur la zone de Leucate et le projet Eolmed de Quadran à Gruissan)

Le parc éolien offshore d’EDF situé au large de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, qui comptera 80 éoliennes, sera le premier à être mis en service en 2022.

L’hydraulique en tête

Représentant 13% du mix énergétique français, toujours selon le Panorama publié par RTE, l’énergie hydraulique est la troisième source de production d’électricité, derrière le nucléaire et le thermique à flamme, et la première parmi les énergies renouvelables, selon les chiffres de RTE.

Selon les projections du Ministère de la transition écologique et solidaire et du Syndicat des énergies renouvelables, les 2 300 installations hydroélectriques de France métropolitaine devraient passer d’une production actuelle de 25,5 GW à 26,7 GW en 2028.

Quatre régions se partagent plus de 90% de l'électricité d'origine hydraulique: Auvergne-Rhône-Alpes (44%), Occitanie (17%), Grand Est (15%) et PACA (15%)

Mais d’autres dispositifs d’exploitation hydraulique, encore marginaux, peuvent être appelés à se développer dans les régions littorales:

- la force des marées telle qu’elle est déjà exploitée depuis 1966 par l’usine marémotrice de la Rance en Bretagne, qui utilise le différentiel de niveau entre les marées pour produire de l’électricité,

- l’énergie hydrolienne qui utilise l’énergie des courants marins pour produire de l’électricité grâce à des turbines immergées,

- l'énergie osmotique qui produit de l’électricité grâce à la pression générée par la différence de salinité entre l’eau de mer et l’eau douce.

Biomasse et géothermie, encore balbutiantes

L’énergie biomasse permet de produire de l’électricité grâce à la chaleur dégagée par la combustion de biomasse (bois, végétaux, déchets agricoles, …) ou par la combustion du biogaz (issu de la fermentation de la biomasse). Selon les chiffres de RTE, elle représente 1,9% de la production d'électricité en France, essentiellement en Ile-de-France, PACA et Nouvelle-Aquitaine.

Balbutiante en France, la géothermie se développe en Alsace et surtout en Guadeloupe où la centrale de Bouillante (la bien nommée) est pour l’heure la seule à produire de l’électricité géothermique de façon industrielle. Elle pourrait à terme être exploitée dans d’autres zones volcaniques du territoire français: le Massif Central, le Languedoc-Roussillon, ainsi qu’à la Martinique et sur l’île de la Réunion.

Renouvelable et indispensable

A l’inverse des énergies fossiles qui, d’ici dix ans ne représenteront plus que 5% des capacités de production d’électricité en France, les énergies renouvelables ne produisent pas (ou très peu) d’émissions polluantes, tout comme l’énergie nucléaire, et permettent ainsi de lutter contre l’effet de serre et le réchauffement climatique qui menacent la planète.

Une menace qui évolue à un rythme accéléré! Le dernier rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié le 8 octobre 2018 préconise de ne pas dépasser un réchauffement planétaire de 1,5°C d’ici à 2100, alors que l’Accord de Paris, signé en 2016, évoquait un seuil de 2°C.

D’où l’urgence de parvenir à un objectif de neutralité carbone dans la production d’électricité, ce qui devrait être le cas de la France à l’horizon 2050.

Crédit photo: Pixabay

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