Tech & internet / Économie

Après avoir acquis Nest, Google élimine un concurrent de ses résultats de recherche

Temps de lecture : 2 min

Google abuse-t-il de sa position pour éliminer la concurrence? C'est ce que suggèrent du bout des lèvres les responsables de Vivint, société notamment spécialisée dans la vidéosurveillance et la domotique (ou maison intelligente), secteur revivifié par l'avénement annoncé de l'Internet des objets. Et dans lequel Google vient d'investir, en faisant l'acquisition début 2014 de Nest.

Or deux semaines seulement après cette emplette à plus de trois milliards de dollars, Vivint affirme avoir été rayé des résultats de recherche du colosse. «Google aurait indiqué avoir trouvé des liens externes, sur le site de Vivint, qui sortaient des "consignes relatives à la qualité"» du géant, sans toutefois indiquer à Vivint quels étaient les liens incriminés, raconte le site spécialisé Pando Daily.

Une «coincidence très suspecte» selon Mike Templeman, directeur d'une société spécialisée dans le référencement interrogé par Pando Daily, d'autant plus que Vivint est restée hors des radars de Google plus de quatre mois. «[...] Cela peut prendre 18 mois avant que votre présence dans les résultats de recherche se répare», ajoute l'analyste.

Le site Venturebeat, tout comme certains commentateurs, précisent néanmoins que Vivint n'est peut-être pas tout blanc dans l'histoire: la société est connue pour ses pratiques commerciales «agressives et trompeuses», qui lui ont valu de nombreuses actions en justice.

L'affaire n'en fait pas moins ressurgir l'une des plus vives inquiétudes concernant Google: le géant profite-t-il de sa position dominante dans le secteur des moteurs de recherche pour reléguer dans les limbes du web tout ce qui serait susceptible de menacer ses activités, toujours plus étendues?

Nombreux sont les sites à s'être plaints de déréférencement pour raisons obscures. Et bon nombre de secteurs profitent d'ailleurs de cet incroyable pouvoir de nuisance potentiel: ainsi l'industrie du cinéma, qui demande régulièrement à Google de dégommer des sites de streaming ou d'hébergement de fichiers. Ce mode d'action s'est progressivement imposé comme le standard en matière de protection de la propriété intellectuelle.

C'est dire donc la position plus que déterminante de Google, qui a d'ailleurs suscité en France une grande réflexion sur «la neutralité des plate-formes», en marge de celle sur la neutralité du Net. Car comme le rappelle justement Mike Templeman:

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«Il n'y a pas de meilleur endroit pour cacher un mort que la deuxième page des résultats de recherche de Google.»

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