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Le monde ne va pas se retrouver sans ressources naturelles

Slate.fr, mis à jour le 08.05.2014 à 8 h 22

Les limites physiques de la croissance ont toujours été dépassées.

ble/ phgaillard2001 via Flickr CCLicence By

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Combien de fois a-t-on entendu que les humains dilapident les ressources de la planète et que nous allons bientôt manquer de pétrole, atteindre les limites de la capacité de l’atmosphère à absorber la pollution et approcher le niveau maximum de population que peut nourrir la terre. L’hypothèse derrière ce type de raisonnement est qu’il existe une quantité limitée de choses – métal, pétrole, terre fertile, air – et que nous risquons de les épuiser à force de les consommer.

«Nous utilisons 50% de plus de ressources que ce que la terre peut produire de façon durable et si nous ne changeons pas de trajectoire ce nombre va continuer à grandir et d’ici 2039 même deux planètes ne seront pas suffisantes», affirme Jim Leape, directeur général du World Wide Fund for Nature.

Mais la caractéristique de l’histoire humaine et que nous avons sans cesse dépassé de telles limites. Comme l’expliquait par une boutade un ministre saoudien du pétrole: «l’âge de la pierre ne s’est pas terminé du fait du manque de pierre». L’homme a cette capacité sans cesse prouvée de changer la donne en rendant son environnement beaucoup plus productif avec les mêmes ou moins de ressources. Nous avons fait cela en permanence.

L’agriculture en est le meilleur exemple. Nous avons cessé de dépendre de la nature pour notre subsistance et avons produit sans cesse plus efficacement notre alimentation. Et nous continuons de le faire. Jesse Ausubel de la Rockefeller University a calculé qu’il fallait 65% moins de terres aujourd’hui pour produire la même quantité de nourriture qu’il y a 50 ans.

Les économistes appellent cela l’innovation. Et ils critiquent les raisonnement des écologistes qui mettent en avant sans cesse des modèles et des limites statiques et figées. Or quand l’huile de baleine est devenue plus rare, nous avons eu recours au pétrole. Quand les terres disponibles ont été moins nombreuses, nous avons eu recours aux engrais et quand la fibre de verre a été inventée cela a permis d’économiser le cuivre.

Cette incompréhension est réciproque. Les écologistes pensent que les économistes croient à des mots magiques appelés marchés et prix pour éviter de voir les limites physiques de la croissance. Des limites physiques qui sont cesse repoussées.

Par exemple les économistes Jesse Ausubel, Iddo Wernick et Paul Waggoner, estiment que même si la population continue à croître au même rythme et que la demande pour des nourritures très consommatrices de ressources comme la viande augmente encore plus rapidement, compte tenu des progrès de l’agriculture dans de nombreuses régions du monde, nous aurons besoin de moins de terres cultivées en 2050 qu’en 2000. On peut rétorquer que l’intensification des cultures consommera plus de ressources comme l’eau notamment.

Mais là encore les prévisions alarmistes se sont révélées totalement fausses. Les estimations faites dans les années 1960 et 1970 de la consommation d’eau en 2000 ont été surévaluées. La consommation est la moitié de ce qui était prévu. Pourquoi? Les techniques d’irrigation se sont nettement améliorées et avec la désalinisation de l’eau de mer en utilisant notamment l’énergie solaire cela assure que l’eau ne sera pas un facteur limitant de la population humaine.

En 1972, l’écologiste Paul Ehrlich de l’Université de Stanford a développé une formule devenue célèbre baptisée IPAT selon laquelle l’impact de l’humanité sur la planète est égal à la population multipliée par sa richesse et multipliée par la technologie. Plus il y a d’hommes, plus ils sont riches et plus ils utilisent la technologie, plus ils polluent. Une formule considérée comme les écritures saintes de l’écologie. Le problème, c’est qu’elle est fausse.

Depuis 40 ans, plus les populations sont riches et ont recours à la technologie, moins elles polluent. Les populations riches utilisent peu de charbon de bois et ne chassent pas pour se nourrir. Du coup, aucun pays avec un PIB par habitant d’au moins 5000 dollars n’a vu ses forêts se réduire.

La grande incompréhension entre écologie et économie tient à la définition du mot consommation. Pour les écologistes, c’est l’utilisation d’une ressources et pour les économistes l’achat de biens et de services. Mais la plupart du temps, quand une ressource est utilisée, elle existe encore. L’eau que nous consommons est pour l’essentiel réutilisable ensuite comme les métaux et les minéraux. L’homme en général ne crée pas et ne détruit pas la matière, il la transforme.

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