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Gattaz appelle à une «modération salariale». N'existe-t-elle pas déjà?

Temps de lecture : 2 min

François Hollande et Pierre Gattaz le 21 janvier 2014 à l'Elysée. REUTER/Philippe Wojazer
François Hollande et Pierre Gattaz le 21 janvier 2014 à l'Elysée. REUTER/Philippe Wojazer

«Une modération salariale de deux-trois ans.» Voilà ce que préconise Pierre Gattaz, le président du Medef, interrogé par le magazine Usine Nouvelle. Selon le patron des patrons, c’est la condition sine qua non pour que le pacte de responsabilité mis en place par François Hollande et le gouvernement Valls ait des «effets bénéfiques».

Mais cet effort n'a-t-il pas déjà été fait ces deux ou trois dernières années?

Certes, les salaires augmentent. De 2% en 2013, selon l’OCDE. Le smic a même augmenté de 1,1%, passant de 9,43 euros par heure à 9,53 euros.

Mais plusieurs rappels semblent nécessaires. Ces données sont en valeur brute: corrigées ni des prélèvements obligatoires, ni des effets de l’inflation. Et 2013 semble la première année où les salaires augmentent «significativement» depuis plusieurs années.

En euros constants, le salaire brut moyen augmente très peu depuis 2008. Il est même proche d’une stagnation. Dans les entreprises, à part en 2009, il a connu des hausses annuelles de moins de 0,5% (0,2% en 2011). Même combat dans la fonction publique, où le salaire brut moyen a même baissé (en euros constants) entre 2010 et 2011.

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Sachant que le salaire moyen brut mensuel dans le privé est actuellement de 2.449 euros, une augmentation de 2% le porte à 2.497 euros. La hausse est bien entendu moindre pour beaucoup de salariés. Et 2% est l’augmentation maximum observée depuis au moins 2005.

Autre constat: malgré ces faibles augmentations de salaires, les salariés français ne gagnent pas en pouvoir d’achat. Au contraire, comme en atteste un rapport de l’Insee:

«Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut recule ainsi de 0,9% après avoir progressé de 0,7% en 2011.»

En cause: les revenus du patrimoine, les salaires, les impôts.

«Seules les prestations sociales constituent un facteur d’accélération du revenu disponible.»

La modération des salaires semble donc déjà bel et bien là depuis quelques années. Il est vrai, comme le souligne Pierre Gattaz, que les salaires ont augmenté plus vite que l’inflation en 2013. Mais ce cas de figure est rare depuis plusieurs années.

Oui, cette «augmentation» des salaires a un impact sur le coût du travail. Mais s’il y a eu augmentation des salaires, il y a également eu baisse des cotisations patronales en 2013, rappelle l’OCDE:

«En France, un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi a été mis en place, qui a réduit le niveau des cotisations patronales de 1,9 point de pourcentage.»

Camille Jourdan Journaliste

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