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L'ère du pétrole à volonté

Des puits de pétrole à Edmonton, au Canada, en 2009. REUTERS/Dan Riedlhube

Des puits de pétrole à Edmonton, au Canada, en 2009. REUTERS/Dan Riedlhube

Des scientifiques de la marine américaine ont été capables de transformer de l’eau de mer en hydrocarbures à un coût relativement raisonnable.

Il ne s’agit pas d’un canular digne du 1er avril ou d’un délire issu d’un livre de science-fiction. C’est une information vérifiée et confirmée. Après des décennies d’expériences, des scientifiques de la marine américaine ont été capables de transformer de l’eau de mer en hydrocarbures. L’US Navy vient ainsi d’annoncer l’ère du pétrole sans limite, le Graal de l’abondance et de l’indépendance énergétique, et personne ou presque ne s’en est aperçu. L’idée semble pourtant presque simple.

Les carburants fossiles sont constitués d’hydrocarbones (hydrogène et carbone). La marine américaine a été capable d’extraire de l’hydrogène et du carbone de l’eau de mer et de le recombiner pour en faire du carburant. Le processus pourrait aussi fonctionner en théorie avec de l’air, mais l’eau de mer contient 140 fois plus de dioxyde de carbone. Le U.S. Naval Research Laboratory a même déjà utilisé le carburant issu de l’eau de mer pour faire voler un modèle réduit d’avion.

Le prix de revient de ce nouveau carburant est aujourd’hui estimé entre 3 et 6 dollars par gallon (3,7 litres). Cela reste économiquement non rentable. Mais compte tenu du fait que cette technologie en est à ses débuts et qu’elle sera optimisée et perfectionnée tous les espoirs sont permis si le lobby pétrolier ne la tue pas dans l’œuf. Une partie de l’avenir énergétique de l’humanité se trouve ainsi peut-être dans l’eau de mer. D’autant plus que d'un point de vue cette fois-ci écologique, cette technologie présente aussi certains avantages.

Car le processus consiste à retirer du dioxyde de carbone des océans. L’un des aspects majeurs du réchauffement climatique est le fait que les océans se comportent comme une éponge et absorbent une partie croissante du gaz carbonique (CO2) répandu dans l’atmosphère. Les océans deviennent ainsi de plus en plus acides ce qui menace à terme des écosystèmes fragiles comme les barrières de corail. Or retirer le carbone des océans pour en faire du carburant et le mettre dans l’atmosphère pour qu’il soit en grande partie à nouveau absorbé par les mers est un processus presque neutre et qui pourrait se renouveler. Il s’agirait ainsi de recycler le carbone déjà répandu et pas d’en ajouter en plus dans l’atmosphère et dans les océans.

Les conséquences économiques et géopolitiques du développement à une grande échelle de cette technologie seraient considérables et difficiles à imaginer. Tous les pays ayant accès à une mer pourraient produire leur propre carburant… et les dictatures de tous ordres construites un peu partout dans le monde sur la rente pétrolière et gazière connaitraient des moments difficiles.

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