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Des routes qui brillent dans le noir pour un réseau plus intelligent

Andréa Fradin, mis à jour le 16.04.2014 à 14 h 44

Crédit:  Studio Roosegaarde

Crédit: Studio Roosegaarde

«Comme conduire au milieu d'un conte de fées.» C'est l'impression qui se dégage, à en croire Dutch News cité par Wired, lorsqu'on roule, de nuit, sur une portion bien particulière d'une autoroute des Pays-Bas, dans la province de Brabant, près de la frontière belge.

Long de 500 mètres, ce tronçon est phosphorescent: il brille dans la nuit d'une lueur presque «radioactive», résume Daan Roosegaarde, le créateur du studio à l'origine de cette innovation, sur Wired. Cette dernière consiste «en une poudre photo-luminescente intégrée à la peinture de la route, poursuit le site spécialisé, développée conjointement [par le studio] et la société d'infrastructure routière Heijmans».

Le système vous est certainement familier: on le retrouve dans de nombreux petits objets ou jouets. Il a simplement été un peu poussé, explique encore Daan Roosegaarde, afin que la peinture absorbe la lumière du jour pour ensuite briller près de 8 à 10 heures dans la nuit.

Photo du tronçon en question envoyée sur Twitter

«Tout a changé sauf nos autoroutes», regrettait déjà cet artiste il y a un an dans les pages du New York Times. Et de poursuivre:

«Je me demande pourquoi on dépense des millions dans ces monstruosités obsolètes et horribles au lieu de créer quelque chose de mieux et de nouveau.»

L'objectif est en effet pour lui tout autant esthétique qu'économique: cette solution phosphorescente est «une alternative durable pour les endroits où aucun éclairage conventionnel est présent», a-t-il confié à la BBC. 

En plus de la phosphorescence, l'artiste néerlandais envisageait d'adjoindre un dispositif, dessinant des flocons sur la chaussée en temps de neige à l'aide d'une peinture dynamique, réagissant au froid.

L'ensemble s'insère dans une réflexion pour rendre le réseau routier plus intelligent: alors qu'il est de plus en plus question de villes ou de voitures «intelligentes», pourquoi les routes devraient rester bêtes, demande justement le New York Times?

Le site américain rappelle que bon nombre de villes commencent à se pencher sur cette problématique, cherchant à articuler les fonctionnalités des nouvelles voitures connectées, qui peuvent recevoir de très nombreuses informations, les masses de données dont elles disposent sur le fonctionnement des feux ou le trafic routier en temps réel.

Le dispositif envisagé en temps de neige | Studio Roosegaarde

Ainsi Londres a déployé des capteurs pour réguler le trafic et aider les citadins à trouver une place de parking, quand des chercheurs allemands réfléchissent à une façon d'éviter des accidents de voiture via des alertes transmises par nos smartphones, écrivions-nous il y a quelques semaines.

Dans une ville du Michigan, aux Etats-Unis, des chercheurs qui ont lancé une expérimentation de plusieurs mois visent même un réseau routier sans accident, grâce aux voitures connectées!

Reste un obstacle majeur au déploiement de ces innovations: leur coût, bien souvent «trop vague», à en croire un expert allemand de la mobilité cité par le New York Times, pour inciter à les adopter.

A.F.

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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