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Comment va la France? Toujours marquée par la crise, montre l'OCDE

Camille Jourdan, mis à jour le 18.03.2014 à 18 h 33

Un sans-abri / Franco Folini via Flickr CC License By

Un sans-abri / Franco Folini via Flickr CC License By

Dans son nouveau rapport sorti mardi, l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) dresse un nouveau «Panorama de la société» grâce à des données de 2012.

Emploi, immigration, mariage, bonheur, espérance de vie ou encore dépenses de santé; les 34 pays membres de l’OCDE sont examinés à la loupe, ainsi que des pays partenaires tels que le Brésil, la Chine, l’Inde ou l’Indonésie. Quartz met en lumière certains résultats de cette enquête.

L’OCDE souligne dans un graphique interactif les impacts de la crise économique sur la société aujourd’hui. Elle remarque notamment que «la reprise de la production économique a débuté partout, mais ce n’est le cas ni de l’emploi, ni des salaires».

En France, si le revenu annuel moyen a augmenté de 900 dollars (645 euros) depuis 2007, et s'élève maintenant à 27.400 dollars (19.700 euros), le niveau des revenus les plus faibles a diminué avec la crise. Il atteint 9.500 dollars par an (6.800 euros), soit 100 dollars de moins qu’en 2007 (70 euros).

En découle un renforcement des inégalités de revenu, mesurées par le coefficient de Gini. La France a gagné 0,01 points sur cet indicateur, et se rapproche donc très légèrement du 1. Son coefficient demeure cependant faible, à 0,3, ce qui reste moins que la moyenne de l’OCDE (0,31) et qu’aux Etats-Unis (0,38) ou au Chili (0,5).

L’OCDE confirme la forte augmentation du chômage en France et dans la quasi-totalité des pays étudiés. Chez nous, c’est une augmentation de 2,1 points que l’on constate, avec un taux de chômage de 10,2%. Plus que la moyenne de l’OCDE, mais moins que celle de l’Union européenne. Le graphique suivant montre à quel point la crise a affecté l'emploi dès 2007.

Plus inquiétant encore, la part des jeunes entre 15 ans et 24 ans qui ne sont ni étudiants, ni employés, ni en formation (les Neet), a augmenté de 2,6 points en France. 13,2% d’entre eux seraient donc hors-circuit, contre 12,6% dans l’ensemble des pays étudiés.

Le spectre de la précarité hante donc les pays de l’OCDE. 13,2% de leur population n’ont pas assez d’argent pour acheter à manger. Ils sont 10% en France.

Le Monde rappelle cependant que «face à cette situation, les gouvernements n’ont pas été inactifs»:

«Les dépenses sociales publiques, tirées par les dépenses de transfert (allocation chômage, aide sociale…), sont passées de 19% du produit intérieur brut (PIB) en 2007 à 22% en 2009-2010 et restent élevées.»

La France est d’ailleurs le pays où la part de ces dépenses sociales publiques est la plus élevée: 32,8% de son PIB. L’OCDE préconise une révision de la distribution de ces dépenses sociales. Les Echos explique pourquoi:

«Les ménages à faibles revenus bénéficient de prestations en espèces (pensions comprises) moins généreuses que les ménages plus nantis... Dans la majorité des autres pays de l'OCDE au contraire, ce sont les groupes à faibles revenus qui sont davantage aidés par l'Etat.»

Le quotidien économique détaille d’autres recommandations que l’Organisation adresse à la France: réexaminer les «prestations versées aux hauts revenus», «réduire les plafonds des indemnités dans le régime d’assurance-chômage» ou encore «soutenir demandeurs d’emploi et bas salaires en réalisant la fusion entre Revenu de Solidarité Active (RSA) et Prime Pour l’Emploi».

Camille Jourdan
Camille Jourdan (139 articles)
Journaliste
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