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Le monde dans 100 ans vu par 10 économistes: des robots partout, de l'agriculture en Sibérie

Camille Jourdan, mis à jour le 13.03.2014 à 19 h 13

Un robot / Aitor Calero via Flickr CC License By

Un robot / Aitor Calero via Flickr CC License By

A quoi ressemblera le monde dans 100 ans? Cette question, les médias se la posent régulièrement (en 2012, c'était la BBC, par exemple). Cette année, c’est un économiste qui la pose à ses collègues. Ignacio Palacios-Huerta, de la London School of Economics, publie un livre intitulé In 100 Years: Leading Economists Predict the Future (Dans 100 ans: des économistes confirmés prédisent le futur), où dix économistes décrivent le monde tel qu’ils l’imaginent en 2114.

«On vivra en moyenne jusqu’à 100 ans»; «Les gens seront plus efficaces grâce à des médicaments qui amélioreront “la concentration, la mémoire, ou encore l’intelligence”»; «Peut-être aura-t-on plusieurs épouses pour les différentes phases de notre vie». Ce sont quelques-unes des prédictions que retient le Financial Times dans la présentation de ce livre.

A en croire certains économistes, notre vie en 2114 (ou celle de nos petits-enfants et arrière-petits-enfants) pourrait bien ressembler à un film de science-fiction digne de I-Robot ou Matrix. Robert M. Solow, «prix Nobel» d'économie en 1987 repris dans le Financial Times, prédit:

«Nous pourrions vivre dans “le mauvais rêve d’une économie ” où les robots assurent toute la production, y compris la production des robots.»

Les technologies pourraient également rendre de moins en moins utiles «les interactions en face-à-face», écrit Alvin Roth, de l’université de Stanford. Ce qui fait prédire au journaliste du Financial Times Simon Kuper:

«La réelle proximité physique pourrait n’être indispensable que pour le sexe (et encore).»

Business Week s’est en particulier penché sur les spéculations concernant le changement climatique. Le site note que c’est «le sujet sur lequel se sont tous attardés les dix essayistes». Et celui que Martin Weitzman, de Harvard, voit comme incontestablement le plus important:

«S’il y un pont naturel qui peut réellement couvrir le gouffre qui sépare aujourd’hui et le siècle prochain, je pense que c’est le changement climatique.»

La grande majorité s’accorde à dire qu’une réaction pour ralentir ou contrer le réchauffement de la planète sera nécessaire. Certains apparaissent plus pessimistes que d’autres. C’est le cas notamment d’Angus Deaton, de Princeton:

«Peut-être qu’il faudra beaucoup de souffrance et de destructions avant que les gens se rassemblent pour changer les choses.»

Andreu Mas-Colell, professeur à l'université Pompeu Fabra à Barcelone, «le plus optimiste» selon Business Week, écrit que l’on «s’adaptera à la nouvelle situation d’une manière naturelle et imperceptible». A noter que ce même Andreu Mas-Colell prédit aussi que dans 100 ans, les hommes auront réussi à «éliminer complètement la pauvreté dans le monde». Très optimiste, en effet.

Certains, enfin, voient «du bon» dans le réchauffement climatique: une possibilité d’ouvrir «des voies de navigation» dans l’océan Arctique (Avinash Dixit, de Princeton), ou de développer l’agriculture en Sibérie et au Canada (Edward Glaeser, Harvard).

Camille Jourdan
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Journaliste
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