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Comprendre les liens économiques entre la Russie, l'Ukraine et l'Europe en trois visualisations

Grégoire Fleurot, mis à jour le 05.03.2014 à 13 h 57

REUTERS/Denis Sinyakov

REUTERS/Denis Sinyakov

Alors que les dirigeants américains et européens débattent d'éventuelles sanctions économiques à l'encontre de la Russie en réaction à son intervention militaire dans la région ukrainienne de Crimée, l'une des questions centrales est celle des retombées potentielles de ces sanctions, non seulement pour la Russie mais aussi pour l'Ukraine et même pour l'Europe.

Un billet de blog de la Harvard Business Review (HBR) apporte un éclairage intéressant sur les interconnexions économiques, en particulier celles liées à l'énergie, entre la Russie, l'Ukraine et l'Europe.

Walter Frick et Sarah Green utilisent l'Observatoire de la complexité économique, un outil mis au point par le projet Macro Connections du MIT.

Voici par exemple les principaux pays vers lesquels la Russie exportait des biens en 2011:

On voit qu'une part non-négligeable des exportations russes vont vers l'Europe, tandis que si l'on regarde les exportations de pays comme l'Allemagne ou la France (ci-dessous), la Russie n'est pas très importante:

«Il serait tentant de conclure que la Russie a donc bien plus à perdre qu'à gagner d'une isolation économique, écrit le blog de HBR. Mais les choses ne sont pas si simples. L'énergie complique la question.»

La Russie fournit en effet 30% du gaz naturel européen et est le premier exportateur mondial. «Si les pays de l'Union européenne décident de sanctions fortes contre Moscou, le prix de l'énergie va grimper de 10% à 15%», écrit Bénédicte Tassard sur le site de RTL.

Et puis il y a le pays au centre de la crise, l'Ukraine, coincé entre l'Europe et la Russie non seulement géographiquement mais aussi économiquement, comme on peut le voir dans cette liste des pays d'où elle importe le plus:

On comprend mieux les difficiles choix qui attendent l'Ukraine, qui dépend autant de son grand voisin de l'est que de ses partenaires de l'ouest.

«Elle ne peut pas abandonner l'accès à l'un sans avoir besoin de beaucoup plus de la part de l'autre, écrit HBR. Et avec 16 milliards de dollars de dettes dues avant la fin de 2015, le pays a besoin de toutes les sources de revenu possibles.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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