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WhatsApp: En un rachat, Facebook dépense plus que Google en trois ans

Andréa Fradin, mis à jour le 20.02.2014 à 11 h 29

«Dollars» par 401(K) 2013 via FlickR licence cc by sa

«Dollars» par 401(K) 2013 via FlickR licence cc by sa

19 milliards de dollars: c'est la somme investie par Facebook pour racheter la société de messagerie instantanée sur mobile WhatsApp. Soit une acquisition qui pèse plus lourd que les emplettes d'un autre géant, Google, sur les trois années écoulées. Pourtant, le colosse n'y est pas allé de main morte: «126 accords valant en tout 17,6 milliards de dollars», écrit Quartz, qui reprend des chiffres avancés par Bloomberg.

Un peu plus tôt dans la semaine, avant l'annonce du super-rachat par Facebook, Quartz se penchait précisément sur la stratégie d'acquisition de Google, à qui il décernait le titre de «plus grand expert en fusions et acquisitions» dans le secteur des technologies. «Eh bien, cela a vite changé», ironise le site spécialisé dont l'analyse vaut néanmoins toujours –pour Google ou Facebook.

En investissant dans des sociétés à la taille bien plus réduite qu'eux, ils évitent d'être à la traîne des dernières innovations, «qui sont souvent plus facile à développer dans de petites boîtes, plutôt que dans des compagnies monolithiques [...]». Google et Facebook mettent ainsi toutes les chances de leur côté pour éviter de tomber dans les limbes entrepreneuriales du web, à l'instar par exemple d'un MySpace –mais si, rappelez-vous, l'un des premiers réseaux sociaux.

De plus, elles s'assurent aussi de tuer la concurrence dans l'oeuf: c'est, toujours à en croire Quartz, la stratégie à chercher derrière l'acquisition par Facebook de WhatsApp.

Pour ces entreprises qui ont déjà acquis une popularité et une masse d'utilisateurs gigantesques, l'enjeu est effectivement de ne pas se faire doubler par des structures plus légères, plus au fait de ce qui fera les usages de demain. Google et Facebook ont ça bien en tête: ce n'est pas un hasard si les deux ont tenté, en vain, de racheter la très populaire application mobile Snapchat –pour des sommes qui font tout autant tourner la tête: Google aurait proposé quatre milliards de dollars, Facebook trois.

Avec plus de 50 milliards de dollars de chiffre d'affaire en 2013, 9 de plus en liquidité selon Quartz, Google, pour ne citer que cet exemple, a en plus de quoi faire. Et ne s'en prive pas: acquisitions dans la robotique ou, avec Nest il n'y a pas si longtemps, dans le secteur de l'Internet des objets –annoncé comme le prochain tournant du réseau. Or comme le remarque justement Quartz:

«Personne ne sait comment va se jouer l'Internet des objets [...] [Google investit pour] élargir son réseau, de telle manière que si un prochain concurrent venait à émerger, il se pourrait bien que Google ait déjà investi en lui.»

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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