Tech & internet / Économie

Le .co, eldorado colombien des start-ups du monde entier

Temps de lecture : 2 min

Colombia's Colourful Flagn.karim via Flickr CC Licence by
Colombia's Colourful Flagn.karim via Flickr CC Licence by

Avez-vous remarqué que de plus en plus de sites Web avaient une adresse se terminant par «.co»? Twitter l’utilise pour Vine ainsi que pour ses URL raccourcies (en t.co), Google fait de même (avec g.co). Ils ne sont pas les seuls: 1,6 million sociétés ou personnes utilisent le domaine national de premier niveau de la Colombie, «principalement des start-ups», qui l’ont adopté massivement depuis sa mise en vente au public en 2010. «Un nombre stupéfiant pour un nouveau domaine de premier niveau», comme l’explique Quartz. Derrière ce succès se cache «une histoire de marketing» que raconte l'article, une histoire que l’on doit au gestionnaire du .co, Juan Diego Calle.

Pour «vendre un produit de deux lettres» et réussir là où d’autres suffixes comme .jobs ou .travel (voyages) ont échoué, Calle a soigneusement choisi sa cible: la «.COmmunauté des entrepreneurs et des innovateurs», comme le vante la page du site officiel du .co, qui liste fièrement ses clients, de Google à Twitter en passant par des applications pour smartphones et des magazines comme Engadget ou Fast Company. Comme il l’explique lui-même à Quartz, Calle a «réservé et donné gratuitement des noms de domaine aux entreprises de technologies», s’assurant que les premiers utilisateurs du .co soient des noms reconnus pour garantir sa crédibilité. Calle a ainsi profité de la «sunrise period» du .co (le «lever de soleil»), la période qui suit l'ouverture aux entreprises et précède l’ouverture au public, il y a quatre ans, comme l’expliquait à l’époque le Huffington Post.

Il y a certes plusieurs bonnes raisons de s’enregistrer avec un ccTLD – pour «Country-Code Top Level Domain»– comme le .co de la Colombie, quand ceux-ci sont disponibles à tous (ce qui n’est pas le cas, par exemple, du ccTLD de la France, le .fr, réservé aux entreprises et personnes physiques européennes): les noms en .com sont souvent déjà pris, et les ccTLD sont plus courts d’une lettre, «ce qui compte à l'heure de Twitter» comme le rappelle Quartz. «Mais par-dessus tout», les entrepreneurs se sont précipités sur le .co «parce qu’un marketing très astucieux les a convaincus que c’est là où se rendent les start-ups innovantes et sexy».

La stratégie adoptée par Juan Diego Calle n’est pas si différente de celles qui avaient été employées, avec plus d’excès et moins de succès, pour d’autres ccTLD comme celui de l’île de Tuvalu (.tv) ou celui des îles Cocos (.cc). Comme le raconte Mental Floss, ces domaines nationaux avaient été l’objet d’une forte spéculation alimentée par le marketing, en pleine bulle Internet des années 2000, sans pour autant supplanter les domaines plus traditionnels comme le .com.

Et peut-être qu’après tout, comme le disait Farhad Manjoo en 2009, «de nos jours, les noms de domaine ne sont plus si importants que ça».

Laurent Pointecouteau

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