Économie / Monde

Pourquoi l'or allemand dort dans des coffres à l'étranger... pour l'instant

Temps de lecture : 2 min

Des lingots d'or dans les coffres de la Bundesbank. REUTERS/Lisi Niesner.
Des lingots d'or dans les coffres de la Bundesbank. REUTERS/Lisi Niesner.

L'Allemagne possède 3.391 tonnes d'or, dont la valeur est estimée aujourd'hui à 99,14 milliards d'euros, mais étrangement, seul un tiers de son trésor est stocké sur son territoire, dans la chambre forte de la Bundesbank à Francfort. Le reste de ses lingots se trouve dans les coffres-forts de banques étrangères, explique l'hebdomadaire Focus.

Plus précisément à la Fed, à New York, où près de la moitié (45%) de son or est entreposée avec les réserves d'or d'une soixantaine d'autres pays, mais également à Londres, à la Bank of England (13%), et à Paris, où 374 tonnes d'or, soit 11% du trésor allemand, dorment dans «la Souterraine», la salle des coffres de la Banque de France. L'Allemagne est le deuxième détenteur d'or au monde, derrière les États-Unis et devant la France, cette dernière ne possédant «que» 2.435 tonnes d'or.

D'après Focus, ce stockage délocalisé des réserves d'or de l'Allemagne serait particulièrement judicieux en cas de crise monétaire:

«Si l'euro s'effondre, la République fédérale pourrait rester solvable en échangeant l'or en dollars et en livres sterling. Le plus simple, c'est quand l'or se trouve à New York et à Londres, car c'est là que se trouvent les centres du commerce de l'or. Et même si là-bas on fait du commerce avec l'or, les barres ne quittent pratiquement jamais les coffres.

Au lieu de ça, les réserves font l'objet d'une réécriture —elles reçoivent donc pour ainsi dire une nouvelle étiquette avec le nom de leur propriétaire. La raison: ce serait bien trop dispendieux et risqué de charrier des lingots d'or physiques à travers les rues de New York ou de Londres.»

Mais depuis que la Cour fédérale des comptes a découvert en 2011 que les réserves d'or allemandes ne seraient pas régulièrement contrôlées par les banques étrangères, ce stockage décentralisé des richesses est devenu un sujet polémique en Allemagne. La Bundesbank a fini par annoncer l'an dernier qu'elle allait rapatrier une grande partie de son trésor d'ici 2020. Objectif: rapporter 674 tonnes d'or sur le sol allemand —plus précisément dans le sous-sol de la Bundesbank à Frankfort –, de façon à ce que la moitié des réserves d'or de l'Allemagne soient conservées sur son territoire, rappelait Die Welt en décembre.

«Nous ne transférons pas l'or vers l'Allemagne parce que nous avons des doutes sur le fait qu'il soit vraiment disponible», avait auparavant annoncé le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, début 2013, pour faire taire les adeptes de la théorie du complot, qui prétendaient que l'or aurait disparu. Il précisait alors qu'il s'agissait d'un «nouveau concept de stockage», comme le rapportait Der Spiegel.

Bien que le stockage de ses lingots à la Banque de France ne coûte rien à l'Allemagne, contrairement à celui auprès de la Réserve fédérale américaine, qui empoche plus de 500.000 euros par an pour la location de ses coffres, la Bundesbank a également décidé de vider entièrement ses réserves d'or stockées à Paris. En 2013, 37 tonnes d'or conservé à l'étranger ont d'ores et déjà été rapportées dans la plus grande discrétion en Allemagne, probablement par avion.

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