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Les employés n'aiment pas les managers créatifs

Apu the Workaholic / herval via Flickr CC License by.

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Contrairement à l'idée qui a encore cours dans de nombreuses entreprises, le manager ne doit pas être créatif. Evolv, une société californienne de big data qui travaille à l'amélioration des performances des entreprises, a publié, dimanche 1er décembre, son dernier rapport trimestriel, où il apparaît que les managers les plus créatifs sont aussi ceux qui connaissent le turn-over le plus important dans les rangs de leurs employés. Plus ces derniers sont notés par leurs supérieurs sur une échelle d'innovation et de créativité, moins ils passent de temps dans l'entreprise.

Effectivement, selon Idris Mootee, PDG du cabinet spécialisé dans «l'innovation stratégique» Idea Couture, et auteur de Design Thinking for Strategic Innovation, interrogé par le New York Times, «le management, c'est avant tout s'assurer de l’exécution de tâches répétitives tout en augmentant la productivité des machines et du travail». Pas grand chose à voir, donc, avec de la créativité. Ni même avec de la polyvalence: un manager capable d'assumer plusieurs casquettes garde ses employés moins longtemps qu'un spécialiste.

Selon le rapport d'Evolv, les principales qualités d'un bon manager sont la pédagogie, le leadership et l'adaptabilité: au lieu d'établir des stratégies et des plans pour les temps à venir, il est plus rentable, en terme de conservation des salariés, de s'adapter aux changements au jour le jour. Toujours selon ce rapport, les managers les plus organisés, et donc leur subordonnés, ne sont pas aussi performants que les plus communicatifs.

De plus, l'expérience passée n'est en rien garante de la réussite à venir: alors qu'elle est un critère majeur de recrutement, elle ne présage aucunement des performances du manager à son nouveau poste.

Enfin, Evolv chiffre l'avantage économique à garder ses salariés le plus longtemps possible: pour chaque mois passé sous les ordres d'un même manager, un employé de call-center diminue son temps moyen par appel de 0,5%, soit une baisse de 6% sur un an. Cette augmentation de la productivité peut être d'autant plus importante que le manager est bon: il est le principal facteur d'amélioration de la performance de ses subordonnés, plus important encore que l'employé lui-même.

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