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Comment éviter de vous faire braquer vos Bitcoins

Laurent Pointecouteau, mis à jour le 26.11.2013 à 17 h 49

Bitcoins frappés par Casascius. Ces pièces fonctionnent comme un ticket de loto : une fois leur clé privée utilisée, elles perdent leur valeur nominale. Zach Copley via Flickr CC License BY-SA

Bitcoins frappés par Casascius. Ces pièces fonctionnent comme un ticket de loto : une fois leur clé privée utilisée, elles perdent leur valeur nominale. Zach Copley via Flickr CC License BY-SA

Plus besoin d’armes à feu ou de masques de chefs d’Etat pour faire le casse du siècle: il suffit de cambrioler une banque de bitcoins, comme le souligne Quartz.

Un bitcoin est une unité monétaire qui, à l’heure où nous rédigeons cet article, vaut 647 euros; le mois dernier, il s’échangeait à seulement 137 euros. C’est également, comme nous vous l'avons déjà expliqué sur Slate, une monnaie totalement immatérielle, qui peut donc, fort logiquement, être volée de manière tout aussi immatérielle.

Profitant de l’envolée exponentielle des cours, les récentes cyberattaques recensées par Quartz ont permis aux pirates de faire main basse sur des millions de dollars en bitcoins, dérobés à des services de paiement comme BIPS ou TradeFortress, lesquels stockent l’argent de leurs clients à la manière d’un PayPal, et peuvent également faire office d’agent de change (un service indispensable, les commerces commençant tout juste à accepter les bitcoins) voire d’organisme d’épargne (quand il ne s’agit pas cependant d’une pyramide de Ponzi déguisée).

La différence, ici, avec un compte en banque piraté, c’est que «les transactions en bitcoins ne peuvent être renversées qu'avec le consentement du débiteur et du bénéficiaire, de sorte qu'elles sont irrévocables», rappelle Quartz. Et bien que «les bitcoins individuels [soient] traçables» (nous avions déjà évoqué cette possibilité sur Slate), les gros casses recensés sur ce sujet du forum bitcointalk.org sont rarement élucidés.

Face à ce risque potentiel, Quartz reprend le conseil qu’ont donné BIPS et TradeFortress après avoir été piratés: ne mettez pas vos bitcoins sur Internet. Et comme deux précautions valent mieux qu’une, ne les laissez carrément pas sur votre ordinateur:

«Les utilisateurs précautionneux recommandent le stockage de bitcoins non pas dans des “hot wallets” [NdT: portefeuilles connectés], lesquels sont requis pour effectuer des transactions, mais plutôt en “cold storage”, telle une clé USB non connectée à Internet, ou même en “deep cold storage” telle une clé USB rangée dans un coffre-fort (du monde réel).»

Ceci fait, vos bas de laine seront à l’abri des hackers. Comme le fait remarquer Quartz, vous n'aurez plus qu’à vous méfier des braqueurs:

«Un membre du forum Bitcoin sur Reddit a suggéré il y a quelques mois la possibilité pour des bandits armés de trouver “les locaux de Mtgox, Coinlab, Bitcoin24, Bitstamp, et tous les autres bourses, puis les prendre d’assaut”, en forcant les employés à leur remettre les clés privées de chiffrement, faisant fusionner le cambriolage de banque à bitcoins avec la version à l’ancienne du monde réel.»

En attendant, la cote du bitcoin continue de grimper et les utilisateurs thésaurisent dans l’espoir de s’enrichir, comme l’avait raconté Farhad Manjoo ici-même en début d’année. Les médias, quant à eux, observent tout cela avec intérêt: le jour même où Quartz a posté son article, The Guardian s’est longuement penché sur la question de l’avenir de Bitcoin, tandis que Wired l’a promis radieux:

«Bitcoin est une monnaie, comme le dollar ou le yen. Et c’est un moyen de payer par internet, comme PayPal. Mais c’est aussi une technologie contrôlée par les masses, comme Linux, le système d’exploitation open source de plus en plus populaire, ou bien l’Internet lui-même. L’histoire nous a montré qu’une fois lancées, les choses comme Linux et l’Internet prennent vie d’elle-même.»

Laurent Pointecouteau
Laurent Pointecouteau (77 articles)
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