Économie

La technologie doit tuer l'industrie de l'aide au développement

Temps de lecture : 2 min

La ferme d'éoliennes d'Ashegoda en Ethiopie le 25 octobre 2013, REUTERS/Kumerra Gemechu
La ferme d'éoliennes d'Ashegoda en Ethiopie le 25 octobre 2013, REUTERS/Kumerra Gemechu

Il faut en finir avec l'industrie de l'aide au développement (à ne pas confondre avec l'aide humanitaire d'urgence, dont l'importance est soulignée par tout le monde) et envoyer l'argent directement aux personnes qui en ont besoin pour qu'elles le dépensent comme elles le veulent. L'argument n'est pas nouveau, et a été développé à maintes reprises dans diverses publications, du New York Times à The Economist en passant par Slate.com.

Aujourd'hui, un article paru dans Tech Crunch vient s'ajouter à cette liste des partisans d'une refonte du système actuel, mais avec un point de vue nouveau: nous nous rapprochons du moment où la technologie va vraiment nous permettre de mettre en œuvre cette stratégie, qui reste en grande partie théorique pour le moment.

L'idée, teintée de néocolonialisme, selon laquelle les personnes qui ont besoin d'argent dans les pays en développement sont trop ignorants pour savoir comment l'utiliser, et ont donc besoin que des ONG internationales le dépensent pour eux, est mise à mal depuis plusieurs années. Une récente étude du MIT dans l'ouest du Kenya rapportée par NPR a ainsi montré que les transferts d'argent directs permettent aux ménages pauvres de construire des actifs, réduisent la pauvreté, n'augmentent pas les dépenses en alcool et tabac, réduisent la violence conjugale et renforcent la place des femmes dans les ménages concernés et les autres ménages du village.

Si l'idée de donner directement les 120 milliards de dollars annuels d'aide au développement directement à ceux qui en ont besoin est séduisante, la mise en oeuvre d'une telle politique à grande échelle était jusqu'à récemment un défi logistique. Mais les exemples commencent à se multiplier souligne Tech Crunch:

«Au Brésil, Bolsa Familia est un programme encensé de transfert d'argent direct qui atteint environ 46 millions de personnes. Au début de l'année, l'Inde a lancé un programme de transfert direct d'argent lié à son plan d'identification biométrique. [...] Les instruments sont déjà en place dans beaucoup d'endroits. Tout ce dont vous avez besoin est un réseau de banque par téléphone portable (le M-Pesa kenyan est l'example le plus connu et le plus réussi, mais il en existe un tas d'autres un peu partout sur la planète), combiné à un processeur de paiement international comme Xoom [...].»

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