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Plus de la moitié de la population active française vit de l’argent public

Piggy Bank. Photo pasukaru76 via Flickr CC License by

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Le poids démesuré de l'Etat dans l'économie française a-t-il transformé le système?

La presse anglaise, toujours très critique du poids de l'Etat dans le fonctionnement de l’économie française, a sans surprise donné beaucoup d’écho au dernier livre du Français Jean-Philippe Delsol intitulé «Pourquoi je vais quitter la France». Cet avocat fiscaliste, administrateur de l'Institut de Recherches Economiques et Fiscales, raconte, à partir d'histoires vraies, les itinéraires de Français qui ont décidé de partir à l'étranger. Pour l'auteur, ces exilés veulent avant tout s'affranchir d'un Etat, d’une fiscalité et d’une bureaucratie jugés étouffants et qui détruisent emplois et richesses.

Pour illustrer sa thèse, Jean-Philippe Delsol estime qu’aujourd’hui plus de la moitié de la population active française dépend en fait de l’argent public, redistribué et dépensé par l'Etat, pour vivre. Un calcul que reprend en détail The Telegraph. Jean-Phillipe Delsol affirme ainsi que 14,5 millions de personnes sur les 28 millions que compte la population active française dépendent d’une façon ou d’une autre de sommes dépensées par l’Etat.  

La dépense publique, 57% de la richesse nationale

Pour parvenir à ce chiffre de 14,5 millions, l’auteur commence par le nombre de fonctionnaires (5,2 millions), un nombre qui a augmenté de 36% depuis 1983 et représente 22% de la population active contre 15% en moyenne dans l’Union Européenne. Il ajoute 3,2 millions de chômeurs dont la subsistance tient aux allocations chômages, 1,3 million de personnes qui touchent un revenu minimum, 2 millions de salariés du secteur para-public (les entreprises contrôlées majoritairement par l’Etat) et plus d’un million de personnes qui travaillent enfin dans des associations financées par l’argent public.

Jean-Philippe Delsol ajoute un million de personnes dans le secteur agricole dont les revenus dépendent des aides nationales et européennes et enfin les 750 000 emplois aidés occupés essentiellement par des jeunes. Un quart (25,2%) des emplois occupés par des jeunes de moins de 26 ans bénéficiaient d'une aide de l'Etat à la fin de l’année 2012, selon une étude du ministère du Travail publiée vendredi 22 novembre.

Pour The Telegraph, même si le calcul de Jean-Philippe Delsol peut éventuellement être contesté sur certains points, il est assez logique si on considère que la dépense publique en France (les dépenses de l’Etat, celles liées à la protection sociale et celles des collectivités locales) représentent 57% de la richesse nationale (PIB).

«Un pays administré plutôt que gouverné»

Interrogé par The Telegraph, M. Delsol explique que cet Etat providence obèse «a transformé l’état d’esprit de la société française en transformant tout le monde en fonctionnaires». Cela a fonctionné jusqu’à aujourd’hui selon lui parce que la France est «un vieux pays riche» mais «le système fonctionne de plus en plus mal car il y a de moins en moins de personnes travaillant pour satisfaire les besoins de plus en plus de personnes peu ou pas productives». Il ajoute qu’aujourd’hui «la France est un pays administré plutôt que gouverné. L’administration y est omniprésente et toute puissante».

Plus froidement pour le site économique américain Marginal Revolution, le poids considérable de l’Etat dans l’économie française a deux conséquences macroéconomique: la première est de donner une plus grande stabilité face aux cycles économiques, de mieux résister aux crises, et la deuxième est d’avoir un potentiel de croissance très faible et donc un chômage qu’il est et sera difficile de réduire.

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