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Bonne nouvelle: la France reste mieux notée que les agences qui la notent

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 08.11.2013 à 11 h 38

L'immeuble de Standard & Poor's à New York. REUTERS/Brendan McDermid.

L'immeuble de Standard & Poor's à New York. REUTERS/Brendan McDermid.

L’agence Standard and Poor’s a une nouvelle fois dégradé la note de la France, vendredi 8 novembre. Celle-ci, qui a perdu son triple A en janvier 2012, passe de AA+ à AA avec perspective stable (ce qui signifie qu'aucune autre dégradation n'est prévue à court terme).

L’organisme de notation financière a justifié sa décision en estimant que «la marge de manœuvre budgétaire de la France s'est réduite» et que «les mesures de politique économique mises en œuvre […] n'ont pas réduit de manière significative le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10% jusqu'en 2016».

Chez les deux autres agences, Moody’s et Fitch (la plus petite, propriété de l’homme d’affaires français Marc Ladreit de Lacharrière), la dette publique française est encore notée AA+, un cran au-dessus.

Mais les agences de notation, elles, comment sont-elles notées? Car elles se notent les unes les autres. Moody’s, par exemple, est notée BBB+, soit le huitième échelon, par Standard and Poor’s depuis l’été 2010. L’agence avait alors dégradée sa consoeur en citant «les risques associés à la réforme de la législation financière», tout en notant que ses performances demeuraient satisfaisantes.

En février, Moody’s a elle dégradé McGraw Hill’s, la maison mère de Standard and Poor’s, de deux crans, à Baa2 (le neuvième échelon), avec une perspective négative. En cause, la procédure lancée par le ministère de la Justice américain, qui accuse l’agence de ne pas avoir averti les investisseurs des risques sur le marché immobilier avant la crise de 2007-2008.

Moody's a néanmoins arrêté depuis mars de noter sa consoeur en raison d’un changement dans le périmètre de ses activités, avec la vente de sa branche édition scientifique.

Fitch avait également, en février dernier, dégradé la note de Standard and Poor’s, poussant un analyste d’une banque japonaise à expliquer que les trois grandes agences étaient en train de «s’entredévorer».

Mais bien sûr, ce sont moins les performances financières des agences que la fiabilité de leur notation qui sont scrutées. En 2011, nous avions publié un article sur l'évaluation des agences où nous estimions que «si les gouvernements des pays du sud de l’Europe, la Commission européenne ou le FMI devaient noter les agences aujourd’hui, ils leur décerneraient sans doute un D, la note la plus basse» mais que «si les investisseurs devaient les noter», les notes seraient probablement plus un AAA ou un AA.

A noter qu'à l’heure actuelle, Standard and Poor’s note douze pays AAA: Royaume-Uni, Australie, Canada, Danemark, Finlande, Allemagne, Hong Kong, Liechtenstein, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Singapour, Suède et Suisse. Seules quatre entreprises, toutes américaines, bénéficient elles de la note maximale: Microsoft, Johnson & Johnson, Automatic Data Processing et Exxon Mobil.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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