Économie

La finance islamique «peut sauver la planète»

Temps de lecture : 2 min

Un vieil homme surveille les prix sur un écran lors d’une session de trading à la Bourse de Karachi, au Pakistan, le 20 décembre 2010. REUTERS/Akhtar Soomro
Un vieil homme surveille les prix sur un écran lors d’une session de trading à la Bourse de Karachi, au Pakistan, le 20 décembre 2010. REUTERS/Akhtar Soomro

Londres est devenue cette semaine la première ville hors du monde musulman à accueillir le Forum islamique économique mondial (WIEF), qui s’y tient du mardi 29 au jeudi 31 octobre. Un évènement qui a mis en lumière la place de plus en plus importante que prend la capitale financière de l’Europe dans le secteur de la finance islamique: plus de 20 banques britanniques offrent des produits financiers islamiques tandis que 49 obligations islamiques («sukuk») ont été cotées depuis cinq ans à la Bourse de Londres, pour une valeur de 34 milliards de dollars (environ 25 milliards d’euros), rapporte l’AFP.

Preuve de la forte volonté politique britannique, le ministre des Finances lui-même, George Osborne, a signé une tribune dans le Financial Times pour expliquer que Londres peut devenir un leader mondial de la finance islamique et annoncer que le pays va émettre un sukuk de 200 millions de livres (environ 233 millions d’euros), devenant ainsi «le premier Etat souverain à émettre une obligation islamique en dehors du monde musulman» selon lui.

Mais au fait, qu’est-ce que la finance islamique? Le site du ministère de l’Economie et des finances français la décrit comme «l’ensemble des transactions et produits financiers conformes aux principes de la Charia, qui supposent l’interdiction de l’intérêt, de l’incertitude, de la spéculation, l’interdiction d’investir dans des secteurs considérés comme illicites (alcool, tabac, paris, etc.), ainsi que le respect du principe de partage des pertes et des profits».

Ainsi, un sukuk ne produit pas d’intérêt, mais représente pour les investisseurs «un titre de créances ou un prêt dont la rémunération et le capital sont indexés sur la performance d’un ou plusieurs actifs par l’émetteur», actifs qui sont «affectés au paiement de la rémunération et au remboursement des sukuk».

Dans un billet intitulé ni plus ni moins «La finance islamique peut sauver la planète», le blog The Ticker du site économique américain Bloomberg souligne que la Grande-Bretagne n’est en fait pas le premier gouvernement occidental à émettre un sukuk: le länder allemand de Saxe-Anhalt l’avait fait en 2004, attirant de nombreux investisseurs d’Arabie saoudite, de Malaisie, du Bahrein mais aussi des Etats-Unis, du Royaume-Uni et du Japon.

Le blog enjoint les autres places financières de la planète à suivre l’exemple de Londres, ne serait-ce qu’à cause de la stabilité financière qu’entraîne ce genre de transaction.

«Si des pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie suivaient les principes de la finance islamique, ils n’auraient pas pu accumuler d’énormes dettes à découvert. Ils n’auraient pu emprunter que contre des sources de revenu, comme les impôts ou les droits de douane, qu’ils pouvaient raisonnablement s’attendre à collecter. […]

Les biens qui n’existent pas ne peuvent pas être vendus. Ces principes découragent la spéculation et la création de produits dérivés. […] L’argent est toujours lié à l’économie réelle. Si ce lien était toujours observé, les prix de l’énergie par exemple seraient beaucoup moins volatiles.»

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Du côté de la France, le gouvernement a créé en 2008 des aménagements fiscaux pour favoriser les montages de finance islamique «afin d’attirer les investisseurs du Proche-Orient». Une initiative qui n’a pas réussi faire décoller le secteur dans le pays.

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