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Le Printemps arabe, une révolution à 800 milliards de dollars

Grégoire Fleurot, mis à jour le 11.10.2013 à 14 h 28

Le 20 janvier 2011 à Tunis. REUTERS/ Finbarr O'Reilly

Le 20 janvier 2011 à Tunis. REUTERS/ Finbarr O'Reilly

La liberté n’a pas de prix, mais elle a désormais un coût. S’il est sans doute trop tôt pour affirmer que les révolutions qui ont secoué plusieurs pays arabes au cours des trois dernières années ont fait augmenter leur niveau de liberté, on peut en revanche dire qu’elles ont coûté cher à leurs économies.

La banque britannique HSBC a tenté d’estimer ce coût, et a conclu dans une étude publiée mercredi 9 octobre que les soulèvements du printemps arabe auront coûté au total 800 milliards de dollars (environ 590 milliards d’euros) à la fin de l’année. Reuters écrit:

«Dans son rapport de recherche, HSBC prédisait qu’à la fin de l’année 2014, le produit intérieur brut des sept pays les plus touchés –Egypte, Tunisie, Libye, Syrie, Jordanie, Liban et Bahrain– sera de 35% inférieur à ce qu’il aurait été si les révoltes de 2011 n’avaient pas eu lieu.»

Comme le souligne le blog Beyond BRICs du Financial Times, le choix des pays est quelque peu étonnant. La Jordanie est relativement stable par rapport au Yémen par exemple. Pourquoi la Jordanie et pas le Maroc ou l’Algérie par exemple. Pourquoi pas les pays du Golfe qui ont dépensé des milliards pour faire en sorte que leurs populations ne se soulèvent? Beyond BRICs écrit:

«Les dégâts pour le monde arabe ne concernent pas simplement le PIB. Le chômage est resté haut en Tunisie et en Egypte, une situation assez ironique quand on sait que le niveau élevé du chômage a été présenté comme une des causes de la révolution dans ces deux pays. En Egypte, le chômage, qui était autour de 9% de 2007 à 2010, est de 13% au premier trimestre de cette année.»

HSBC écrit dans son rapport:

«La faible croissance économique et la perturbation des mécanismes de collecte des impôts ont pesé lourdement sur les recettes, tandis que les coûts croissants de couverture de la dette et l’augmentation des dépenses sur les subventions et les salaires ont fait monter le total des dépenses.»

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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