EconomieEconomie

Quand un tweet sur la guerre du Kippour (de 1973) fait grimper les prix du pétrole

Maïlys Masimbert, mis à jour le 11.10.2013 à 11 h 20

Les traders devraient peut-être lire plus attentivement...

New York Stock Exchange. Ilaria via FlickrCC License by

New York Stock Exchange. Ilaria via FlickrCC License by

Jeudi 10 octobre, le prix du baril de pétrole a atteint son maximum depuis ce début de mois, prenant plus d’1 dollar en 2 heures. Le baril de Brent était à 110,40 dollars à 10h30, heure des Etats-Unis, il est passé à 117,4, une heure et demi plus tard.

La raison, selon Reuters: les traders ont mal interprété un tweet de l’armée israélienne, qui, pour commémorer les 40 ans de la guerre du Kippour, postait à intervalle régulier des informations sur les batailles ayant eu lieu à cette époque.

Et lorsque les traders ont vu ça:

Ils se sont inquiétés, pensant ni plus ni moins qu’Israël était en train de bombarder un aéroport syrien, là, maintenant. Alors ils se sont mis à acheter tout ce qu’ils pouvaient de pétrole, explique le Washington Post:

«La rumeur a enflé et les traders, inquiets du fait que les prix puissent augmenter, ont acheté du pétrole pour anticiper une hausse éventuelle, ce qui a effectivement entraîné une augmentation des prix, malgré le fait que rien ne soit réellement passé.»

Dans les salles de marché, les traders ont pris l’habitude de se fier aux réseaux sociaux pour réagir plus rapidement aux événements de l’actualité internationale, tentant d’anticiper depuis les soubresauts des printemps arabes jusqu’aux petites avancées dans l’impasse nucléaire iranienne, explique Reuters.

Le porte-parole de l’armée israélienne, mis au courant de l’affaire, semble un peu incrédule:

«C’était évident que cela faisait partie d’une série de tweets sur Yom Kippour. Les faits étaient là et simples à lire. C’était apparent sur le tweet en lui-même.»

Lorsque les traders se sont aperçus de leur erreur, la tendance à la hausse ne s’est pas inversée pour autant, et les prix ont continué de grimper. Peut-être parce que le tweet n’est pas le seul responsable de cette évolution, estime Quartz:

«Tout comme ce n’est pas nécessairement très intelligent de prendre d’importantes décisions en ne se fondant que sur un tweet, ce n’est pas très judicieux non plus de leur attribuer les fluctuations du marché.»

Pour le site économique, le relèvement du plafond de la dette américaine et l’enlèvement du Premier ministre libyen seraient plus à même d’expliquer la hausse du 10 octobre. Mais ça, ça rend l’histoire bien moins rigolote. 

Maïlys Masimbert
Maïlys Masimbert (106 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte