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Non, tous les boursicoteurs ne sont pas des rapaces

Temps de lecture : 2 min

Des traders de la Bourse de New York, le 6 septembre 2013. REUTERS/Brendan McDermid.
Des traders de la Bourse de New York, le 6 septembre 2013. REUTERS/Brendan McDermid.

Ce n’est pas une nouveauté: dans une économie qui redémarre, le chômage met du temps à se résorber. On le constate à chaque fois aux Etats-Unis, et à chaque fois on retrouve les mêmes commentaires sur une reprise sans emploi.

C’est particulièrement vrai cette année. Selon les statistiques publiées le vendredi 6 septembre, le taux de chômage américain a reculé d’un dixième de point en août, à 7,3% de la population active. Mais, dans le même temps, cette population active (population ayant un travail ou en cherchant un) a reculé de 312.000 personnes. D’où le commentaire mitigé des économistes: les statistiques du chômage s’améliorent, mais en fait, c’est parce que beaucoup de personnes ont renoncé à trouver un travail et ne se déclarent plus comme demandeurs d’emploi.

Pour la bourse de New York, c’était une «bonne» nouvelle venant contrebalancer le risque d’une intervention en Syrie et la hausse des cours du pétrole: des chiffres médiocres de l’emploi peuvent laisser espérer que la Réserve fédérale va laisser sa politique monétaire inchangée. Cette seule perspective a suffi à rassurer les investisseurs: ce même vendredi, l’indice Dow Jones a limité son recul à 0,1% et les autres grands indices de la bourse américaine ont terminé la journée inchangés ou en légère hausse.

Tous les boursicoteurs se sont-ils réjouis des déboires des demandeurs d’emploi américains? Eh bien non, ainsi qu’en témoigne ce commentaire du site CercleFinance.com:

«Si le chômage US recule (à 7,3% contre 7,4%), c'est grâce à la désinscription de centaines de milliers de demandeurs qui renoncent à chercher du travail (et qui disparaissent —comme des millions avant eux— de toute statistique officielle). Le réservoir de main d'œuvre potentielle reste donc gigantesque: les salaires ne sont pas près de monter aux Etats Unis... donc pas d'inflation en vue. La réaction d'euphorie qui en a résulté suscite au mieux de l'étonnement et le plus souvent de l'écœurement dans les commentaires lus sur les forums. »

Les commentaires que l’on peut lire sur les sites boursiers n’étant pas toujours du meilleur goût, on ne peut que saluer cette étonnante appréciation portée par les boursiers eux-mêmes sur la façon dont les marchés réagissent à l’information. Finalement, peut-être ne faut-il pas désespérer des actionnaires, et peut-être les financiers ne sont-ils pas tous des vautours…

Gérard Horny

Gérard Horny Journaliste

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