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Hollande avait raison: la France est bien partie pour une croissance pépère

Gérard Horny, mis à jour le 04.09.2013 à 18 h 55

Au zoo de Madrid en 2013. REUTERS/Juan Medina

Au zoo de Madrid en 2013. REUTERS/Juan Medina

Il faut en convenir, la nouvelle de l’été a été l’annonce d’une croissance de 0,5% en France et de 0,3% dans l’ensemble de la zone euro au deuxième trimestre. Il faut être honnête: pratiquement personne ne s’y attendait. Tous les indicateurs que l’on peut suivre au mois le mois laissaient certes attendre une amélioration par rapport au premier trimestre (recul de 0,2% en France comme dans la zone euro), ils ne laissaient pas prévoir un rebond aussi net. 

«La croissance des grandes économies avancées a dans l’ensemble été plus forte que prévu», admet Jorgen Elmeskov, chef économiste adjoint de l’OCDE.  «L’ensemble des pays européens a plutôt surpris à la hausse», constate aussi Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement à Pictet Asset Management France, qui  estime cependant que le troisième trimestre sera plutôt plus faible et donne une légère préférence au placement en actions américaines et au dollar, malgré un probable changement de politique monétaire de la Réserve fédéral dès ce mois-ci.

Les économistes de l’OCDE restent aussi très prudents: «La zone euro reste exposée à un regain de tensions financières, bancaires et liées aux dettes souveraines». Il n’empêche : leurs prévisions à court terme pour la France marquent un net revirement. Exprimée en rythme annuel, la croissance du deuxième trimestre a été de 1,9 % ; elle serait respectivement de 1,4 % et 1,6 % aux troisième et quatrième trimestres, ce qui donnerait, compte tenu d’un mauvais départ, une croissance moyenne sur l’ensemble de l’année de 0,3 %, alors que beaucoup d’économistes envisageaient un chiffre légèrement négatif.

Inverser la courbe du chômage? Pas complètement impossible

Il faut souligner aussi  qu’une  croissance de l’ordre de  1,5% en rythme annuel comme cela est attendu pour le second semestre, c’est grosso modo le chiffre à partir duquel l’économie française est censée recommencer à créer des emplois ou, du moins, ne plus en perdre. Le Président de la République va-t-il réussir à gagner son pari d’une inversion du chômage à la fin de l’année? Ce n’est pas gagné, mais si les emplois aidés (emplois d’avenir, contrats de génération) se créent à un rythme plus élevé en fin d’année, une stabilisation n’est pas impossible, à défaut d’une véritable inversion que l’on ne verra que plus tard si le raffermissement de la conjoncture se confirme.

Si ce rétablissement sur le front de l’emploi se produit in extremis à la fin de l’année, on pourra dire qu’il sera en grande partie artificiel et ce ne sera pas faux. Mais François Hollande a en tête l’effet produit par les emplois jeunes quand Lionel Jospin était arrivé à Matignon en 1997: les premiers signes d’amélioration du marché de l’emploi étaient artificiels aussi, mais ils avaient contribué à rétablir la confiance. Si les mêmes causes produisaient les mêmes effets cette fois-ci encore, ce serait déjà un bon résultat, même si tout le monde sait que la bataille contre le chômage ne se gagnera pas à long terme à coup d’emplois aidés.

Gérard Horny

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