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Vodafone-Verizon: qu’il est doux, le bruit de l’argent qui tombe!

Gérard Horny, mis à jour le 04.09.2013 à 13 h 04

Une femme devant un magasin Vodafone à Londres, le 2 septembre 2013. REUTERS/Stefan Wermuth.

Une femme devant un magasin Vodafone à Londres, le 2 septembre 2013. REUTERS/Stefan Wermuth.

En mettant 130 milliards de dollars sur la table pour racheter à la firme britannique Vodafone les 45% du capital qu’elle détenait dans leur filiale commune Verizon Wireless, Verizon n’a pas établi de nouveau record en matière de fusions et acquisitions. Mais on se rapproche de ceux de l’année 2000, lorsque le même Vodafone avait offert 142 milliards de dollars pour acheter la téléphonie mobile de l’allemand Mannesmann et Time Warner avait proposé d’en payer 186 milliards pour absorber AOL.

Ce qui paraît choquant dans cette affaire, c’est que Vodafone envisage de redistribuer à ses actionnaires plus de 70% de cette somme et n‘en consacrer qu’environ 5% à ses investissements. Il s’agit, selon ses dirigeants, de récompenser le soutien de ces actionnaires.

Il est vrai que, si l’action Vodafone s’est nettement redressée depuis le début de l’année, elle vaut encore à peu près moitié moins que ce qu’elle valait au plus haut en 2000. Lesdits actionnaires n'ont donc pas toujours été à la fête.

Beaucoup d’interrogations de part et d’autre

Le plus étonnant est sans doute que les deux actions, celle de Verizon et celle de Vodaphone, étaient à la baisse au lendemain de l’annonce de l’opération. Et, dans les deux cas, cela se comprend.

Verizon va payer les 45% de sa filiale à hauteur de 58,9 milliards de dollars en liquide (qu’il va emprunter auprès de ses banques) et à hauteur de 60,2 milliards par l’émission d’actions nouvelles (le solde provenant d’autres opérations sur titres financiers divers). Tout cela inquiète un peu les actionnaires, qui se demandent de surcroît si Verizon n’ a pas payé trop cher et si la téléphonie mobile sera dans les prochaines années aussi rentable que les dirigeants de l’entreprise le pensent.

Quant aux actionnaires de Vodafone, ils se demandent si les futurs investissements de leur entreprise seront aussi rentables que ne l’avait été l’investissement américain. Et beaucoup d’entre eux ne sont qu’assez médiocrement heureux à la perspective de recevoir des actions Verizon. Par exemple, certains de ces actionnaires sont des gérants de fonds spécialisés dans les actions européennes; ils n’ont pas le droit de détenir des actions américaines et seront donc obligés de les vendre. Que se passera-t-il si d’autres le font en même temps?

Bref, par son ampleur, l’opération satisfait sans doute les banques conseils des deux entreprises –les commissions sont estimées à un montant de l’ordre de 500 millions de dollars au total–, elle ne suscite pas l’euphorie que l’on aurait pu attendre.

Le retour des excès

Cela dit, l’ambiance actuelle est plutôt bonne sur les marchés financiers américains et européens. Il y a bien quelques inquiétudes liées aux probables resserrements de la politique monétaire américaine. Mais, dans l’ensemble, la période est favorable et, ici ou là, on voit ressurgir quelques excès.

Un exemple. Le fabricant californien de bolides électriques Tesla voit son titre atteindre en Bourse des niveaux qui laissent perplexes. Le cours a été multiplié par cinq cette année et la valeur boursière de Tesla dépasse maintenant 20 milliards de dollars.

A titre de comparaison, General Motors vaut actuellement un peu plus de 48 milliards en bourse et Ford, le mieux coté, plus de 64 milliards. Le cours de GM représente 10 fois son bénéfice estimé par action en 2013; pour Ford, c’est 11 fois. Dans les deux cas, ces ratios sont très raisonnables.

Dans le cas de Tesla, le multiple est de 267… Ne serait-ce pas un peu extravagant? Les financiers ne sont décidément pas des gens très sérieux.

Gérard Horny

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Journaliste
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