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Les Etats-Unis se trouvent dans la situation de l'Empire romain avant sa chute, selon le Tea party

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.08.2013 à 13 h 38

Présentation du programme de la FreedomFest

Présentation du programme de la FreedomFest

L’Empereur romain Tibère s’amusait à faire se prostituer de jeunes libertins devant ses yeux. Et après lui, Commode descendait parfois dans l'arène du Colisée pour aller tuer lui-même un gladiateur ou un animal sauvage… Autant dire que comparer la classe politique américaine en 2013 aux comportements des Empereurs romains est un poil exagéré. Mais la chaîne américaine Fox News n'est pas spécialement célèbre pour son goût de la demi-mesure.

Un présentateur de la chaîne, John Stossel, a ainsi fait de ce rapprochement entre les deux situations historiques le sujet d'un show télévisé lors de la FreedomFest, «le plus grand rassemblement d'esprits libres», qui s'est tenue à la mi-juillet 2013 à Las Vegas.

Car les libertariens s'inquiètent du niveau d'endettement du pays. Après tout, alerte Stossel sur le site Reason, la banque fédérale n’a-t-elle pas racheté 2.300 milliards de dollars (1.800 milliards d’euros) de dettes du pays depuis la crise de 2008, de la même façon que les empereurs dévaluaient périodiquement la monnaie pour effacer leurs excès?

Lawrence Reed, président de la FEE (Foundation for Economic Education), une autre organisation libertarienne, a tenu un discours similaire en 2012, intitulé «Sommes-nous Rome?», dans lequel il mettait en garde les Etats-Unis. Rome, annonce-t-il au risque de la relecture anachronique, était une société fondée sur la libre-entreprise et l’autorégulation du marché: le rêve de tout libertarien.

L'Empire romain. Source: Wikimedia Commons

Mais le passage de la République à l’Empire a coïncidé avec un changement de mentalité, les Romains commençant à se tourner vers un système plus étatique et centralisé et vers ce que les libertariens craignent par dessus tout: l’Etat-providence et sa classe dirigeante, la bureaucratie.

Hausse des dépenses publiques et pression fiscale auront alors raison de l’esprit d’entreprise du Romain. Matt Kibbe, le président de FreedomWorks, organisation rattachée au u Tea party, a estimé lors de la FreedomFest:

«Les parallèles sont plutôt menaçants: la dette, la politique étrangère expansionniste, l’arrogance du pouvoir exécutif.»

«Mais il existe une grande différence entre l’Amérique d’aujourd’hui et la Rome d’hier», veut rassurer le journaliste John Stossel. «Nous avons des mouvements comme le Tea party, le libertarianisme et même des événements comme la FreedomFest pour alerter les gens du danger couru par la Washington impériale, et pour essayer de le combattre. S’ils peuvent réveiller les gens, alors il reste de l’espoir», se réjouit-il!

Les comparaisons entre l'économie capitaliste et la chute de Rome sont fréquentes, et autorisent bien des versions différentes. En 1984, l’historien allemand Alexander Demandt a collecté pas moins de 210 raisons avancées par les historiens pour expliquer le déclin de l'Empire romain d'Occident, allant de la question agricole à l’esclavage, en passant par le rôle du christiannisme, des psychoses ou du système des gladiateurs.

Et comme l'a écrit sur Slate , le Tea party s'est fait une spécialité des rapprochements historiques contestables sinon dangereux: ses membres n'hésitent pas par exemple à considérer qu'ils vivent sous un règne tyrannique, ni à traiter Barack Obama tour à tour de nazi ou de communiste.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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