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Pourquoi les Chinois achètent Sophie la girafe trois fois plus cher qu'en France

Grégoire Fleurot, mis à jour le 07.07.2013 à 14 h 35

©VULLI

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Le jouet pour bébés français Sophie la girafe connaît un beau succès aux quatre coins de la planète, y-compris en Chine, où il se vend pourtant 24 euros, soit le triple de son prix en France. Si ce prix ne décourage par les parents chinois, c’est qu’ils sont habitués depuis longtemps à acheter des produits pour bébés importés à un prix bien plus élevé que dans presque tous les pays du monde.

Les taxes à l’importation sont importantes en Chine, mais  vraie explication derrière cette anomalie du marché est à chercher ailleurs: les parents chinois, dont beaucoup n’ont pas le droit d’avoir plus d’un enfant, craignent que les produits pour bébés fabriqués en Chine soient contaminés et nocifs pour leurs enfants, rapporte Reuters.

Et les marques étrangères ne se privent pas pour tirer avantage de la situation, comme le souligne Benjamin Cavender, un analyste du China Market Research Group interrogé par l’agence de presse:

«Les marques arrivent à s’en tirer simplement grâce au à la peur d’acheter des produits dangereux. […] Si vous regardez la manière dont les consommateurs dépensent leur argent, ils sont prêts à payer des sommes disproportionnées pour tout ce que leur enfant va manger ou toucher.»

Décès d’enfants à cause de la présence de mélamine dans le lait, viande de rat dans le mouton, quantité d’hormones excessive dans le poulet, toxines dans le riz: au cours des dernières années, les scandales alimentaires se sont succédés en Chine. Mais quand il s’agit d’enfants, la peur des produits locaux va au-delà de la nourriture, et concerne aussi bien les jouets que les couches, à tel point que de nombreux chinois qui séjournent à l’étranger ou à Hong Kong reviennent avec d’énormes quantités de produits pour bébés dans les bras.

Ironie de l’histoire, Sophie la girafe a été au centre d’une polémique en France en décembre 2011 quand UFC-Que Choisir avait estimé qu’elle pourrait être cancérigène. L'association de consommateurs avait procédé à des tests sur 30 jouets pour enfants et conclut que Sophie la girafe contenait et libérait dans la salive des précurseurs de nitrosamines, des composés alors interdits par l'Union européenne dans les tétines mais pas dans les jouets.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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