EconomieEconomie

Vivement le retour de l'inflation!

Gérard Horny, mis à jour le 25.06.2013 à 15 h 02

Un supermarché à Vitez March (Bosnie-Herzégovine), en mars 2012. REUTERS/Dado Ruvic.

Un supermarché à Vitez March (Bosnie-Herzégovine), en mars 2012. REUTERS/Dado Ruvic.

Au Brésil, on manifeste contre la hausse des prix, et le problème d’une l’inflation trop forte se rencontre sous d’autres aspects dans les autres pays émergents. Dans les pays développés, au contraire, l’inflation est très basse. On peut même dire: trop basse.

Passons sur le cas du Japon, toujours en lutte contre la déflation. Aux Etats-Unis, la hausse de l’indice des prix à la consommation reste modeste, à 1,4% l’an. Ce qui fait dire à certains dirigeants de la Réserve fédérale, en désaccord avec leur président Ben Bernanke, que celle-ci devrait attendre encore un peu avant de revenir à une politique monétaire plus classique.

Et en Europe, c’est la même chose, sauf peut-être au Royaume-Uni, qui cultive toujours avec soin son exception. En moyenne, dans la zone euro, la hausse annuelle des prix ne s’est établie qu’à 1,4% en mai, malgré une petite remontée par rapport à avril. Un an auparavant, on était à 2,6%.

En France, sur un an, la hausse n’est que de 0,8%. Ainsi que le souligne l’Insee, cela a au moins un avantage: stabiliser notre pouvoir d’achat. En 2012, celui-ci avait chuté de 0,9%; cette année, malgré la médiocrité de la conjoncture et des prélèvements obligatoires toujours élevés, il devrait très légèrement progresser (+0,2% annoncés).

Mais est-ce pour autant une bonne nouvelle? On peut être fortement tenté de penser le contraire.

Ni l’investissement ni la consommation n'étant très toniques, les entreprises ne sont pas en mesure de faire passer des hausses de prix. Avec la hausse continue du chômage, les salariés ne sont eux pas en situation de revendiquer des hausses de salaires. Et l’environnement international pousse également à la modération des prix.

Ainsi, on peut voir le cours du baril de pétrole de la mer du Nord repasser au-dessous de 100 dollars le baril en raison des craintes d’un ralentissement de la demande chinoise. Des prix en baisse ou en très faible hausse, dans le contexte actuel, c’est le signe d’une économie faible.

Pour l’Etat, c’est un vrai problème: une activité morose et des prix qui n’augmentent pas, cela implique de mauvaises rentrées de TVA. Fin avril, celles ci- étaient en recul de 2,3% par rapport aux quatre premiers mois de 2012. Or, la loi de finances prévoit des recettes de TVA en hausse sur l’ensemble de l’année, à 141,2 milliards d’euros contre 133,4 milliards l’an passé. C’est mal parti.

Et il y a plus grave. L’Etat français, et plus généralement, la plupart des Etats développés, sont lourdement endettés. Un peu d’inflation leur ferait le plus grand bien, en allégeant le poids de leur dette.

Ce n’est pas ce qui se produit. En Grèce, on note même une baisse des prix de 0,3% sur un an; autrement dit, dans son cas, la dette passée, au lieu de s’alléger, s’alourdit.

Vivement la prochaine phase de hausse des prix!

Gérard Horny

Gérard Horny
Gérard Horny (300 articles)
Journaliste
inflationprixBresiljaponzone euro
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte