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Le PIB recule? Oui, mais la situation économique s'améliore

Temps de lecture : 2 min

Thermometer. Photo zoonabar via Flickr CC License by.
Thermometer. Photo zoonabar via Flickr CC License by.

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee nous parle d’une «timide éclaircie», mais, dans le même temps, il annonce un recul de 0,1% du PIB cette année. Comment est-ce possible?

En économie, les chiffres ne parlent jamais d’eux-mêmes. Si l’on n’explique pas comment ils ont été obtenus et à quoi ils correspondent, ils ne veulent rien dire ou, plus exactement, ils disent ce que l’on veut bien leur faire dire. Si l’on regarde la prévision de croissance pour l’ensemble de l’année que vient d’annoncer l’Insee, on voit un chiffre négatif de 0,1%, alors qu’on avait en 2012 une simple stagnation (ou, autrement dit, une croissance zéro).

A priori, on est tenté de penser que la situation s’est détériorée cette année. Cette idée paraît encore plus juste si l’on se souvient que le gouvernement avait préparé le budget 2013 avec une hypothèse de croissance de 0,8%, avant de ramener prudemment sa prévision à 0,1% en avril dernier.

Pourquoi alors parler d’une timide éclaircie, comme le fait l’Insee? Parce que, effectivement, la situation semble en cours d’amélioration.

L’année 2012 s’était très mal terminée, avec un recul du PIB au quatrième trimestre de 0,2% en France et de 0,6% dans l’ensemble de la zone euro. Du coup, on avait commencé l’année 2013 en partant d’un niveau nettement plus bas que cela n’avait été envisagé.

Selon l’Insee, fin décembre 2012, l’acquis de croissance était négatif de 0,3%. Autrement dit, si l’activité économique était restée très exactement au niveau enregistré au quatrième trimestre 2012, l’année 2013 se serait soldée par un recul du PIB en moyenne annuelle de 0,3%. Or, l’Insee ne prévoit qu’un recul de 0,1%. Conclusion: la situation s’est plutôt améliorée en cours d’année.

C’est ce que nous disent les prévisions trimestrielles. Après un nouveau recul de 0,2% au premier trimestre 2013, l’Insee s’attend à une croissance de 0,2% au deuxième trimestre, une stagnation au troisième et enfin une légère progression de 0,1% au dernier trimestre de l’année.

Toutes ces prévisions restent à confirmer. Quand on tourne autour de zéro, on peut très rapidement basculer du positif vers le négatif.

Mais les enquêtes menées par d’autres instituts en France et en dehors de France confirment ce scénario: un rebond commencerait notamment à se dessiner dans l’industrie et le commerce mondial serait en phase d’accélération. Voilà comment on peut parler d’amélioration tout en avançant un chiffre de croissance inférieur à celui de l’année précédente.

Gérard Horny

Gérard Horny Journaliste

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