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Sale temps pour les actions et nuages sur l’Europe

Gérard Horny, mis à jour le 14.06.2013 à 17 h 20

Des nuages au-dessus de la Grèce. REUTERS/Yannis Behrakis.

Des nuages au-dessus de la Grèce. REUTERS/Yannis Behrakis.

En ce moment, pratiquement tous les marchés boursiers sont en repli. Ce n’est pas une surprise, la plupart des professionnels s’y attendaient. La surprise, cela avait été que mai soit finalement assez bon.

Pourquoi les actions baissent-elles? Dans les pays émergents, où l’évolution n’est généralement guère brillante depuis le début de l’année, les séances de Bourse actuelles s’inscrivent dans la continuité. Tout juste peut-on observer que la Banque mondiale vient d’accroître encore la méfiance des investisseurs en abaissant ses prévisions de croissance pour 2013.

La croissance mondiale ne s’établirait qu’à 2,2%, soit un peu moins qu’en 2012 (2,3%) et un peu moins aussi que cela n’était prévu en janvier (2,4%). Le plus spectaculaire est la révision du chiffre pour la Chine, de 8,4% à 7,7%.

Dans les pays développés, la Bourse baisse… parce qu’elle a beaucoup monté auparavant. Comme les investisseurs ne trouvent pas de raison d’aller plus haut et qu’une Bourse immobile est inconcevable, il n’y a qu’une issue: la baisse.

Partout, c’est l’incertitude. Aux Etats-Unis, comme l’économie va plutôt bien, on s’attend à une remise en question de la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale, mais on ne sait pas encore quand se fera le changement et à quel rythme; pour l’instant, les dirigeants de la Réserve fédérale n’ont pas l’air de savoir eux-mêmes ce qu’ils vont faire dans les prochains mois.

Au Japon, les espoirs suscités par la politique économique du nouveau Premier ministre ont porté l’indice Nikkei jusqu’à 15.942 points le 23 mai; les doutes sur les effets réels de cette politique l’ont ramené à 12.445, soit une baisse de près de 22% en trois semaines.

En Europe, comme partout, les marchés d’actions ont été soutenus par la politique de la banque centrale et par une forte atténuation de la crainte de risques extrêmes, comme celui d’une implosion de la zone euro. La correction actuelle est plutôt vue comme une bonne occasion de revenir sur les actions à des prix intéressants. Quand Kyra Tilquin, responsable de la gestion diversifiée à Axa IM, affirme que, malgré la volatilité actuelle, «les actions devraient constituer la classe d’actifs à privilégier», elle exprime une opinion très largement répandue dans les milieux financiers.

Il reste à savoir quelle sera l’ampleur de la correction en cours. L’appel à la grève en Grèce en réaction à la fermeture sauvage de la télévision publique rappelle aux investisseurs que plusieurs Etats de la zone euro restent dans une situation difficile.

Petit détail qui fait mal: MSCI, société spécialisée dans la fourniture d’indices boursiers mondiaux, annonce qu’elle sort le marché grec de la liste des pays développés pour le remettre dans la catégorie des pays émergents. C’est la première fois qu’une telle dégradation a lieu. On aimerait bien croire notre président quand il déclare que «la crise dans la zone euro est terminée».

Gérard Horny

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