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Avec le gouvernement Cameron, le thatchérisme n'est pas mort

Célésia Barry, mis à jour le 08.04.2013 à 21 h 37

Le gouvernement de David Cameron met en place une vaste réforme du système des aides sociales.

George Osborne présente la mallette utilisée pour transporter les textes de budget, REUTERS/Stefan Wermuth

George Osborne présente la mallette utilisée pour transporter les textes de budget, REUTERS/Stefan Wermuth

Lorsque Margaret Thatcher arrive au pouvoir, en 1979, le Royaume-Uni est touché par une grave crise économique. D'une main de fer qui lui vaudra son surnom de «dame de fer», elle met en place une politique d'austérité extrême.

Aujourd'hui, et alors que la dette publique britannique s'élèvait à 70,7% du PIB en 2012, la politique du gouvernement Cameron a des airs de thatchérisme.

En juin 2012, le Premier ministre David Cameron annonçait une vaste réforme du système d'aides sociales britanniques, notait le Point. Celle-ci vise à réduire le déficit public du Royaume-Uni. Dans un discours, ce «grand fan» de Margaret Thatcher dénonçait «les avantages pervers qui encouragent les gens à ne pas travailler» et se demandait «pourquoi [il était] devenu acceptable aux yeux de beaucoup de gens de choisir de vivre d'allocations».

Le 20 mars 2013, George Osborne, chancelier de l’Échiquier, présente le projet de budget 2013. Parmi les mesures annoncées pour avril 2013, la hausse des allocations limitée à 1% pendant trois ans, alors même que l'inflation se porte à 2,8%, indique Reuters, ainsi qu'une diminution de l'aide au logement pour ceux dont le logement social est plus grand que nécessaire, ajoute le Monde.

Cinq jours plus tard, lors d'un discours à Ipswich, à l'est de l'Angleterre, David Cameron annonce sa décision de durcir les lois sur l'immigration. Il indique notamment son souhait de réduire la migration de «centaines de milliers par an à seulement des dizaines de milliers» ainsi que de suspendre les allocations pour les immigrés présents sur le territoire et en recherche d'emploi depuis plus de six mois. «Si vous ne pouvez pas montrer que vous avez une chance réelle de trouver un emploi, les prestations seront coupés», a expliqué David Cameron.

Une mesure qui plaît au Front national français, note le Point. Louis Aliot, vice-président du parti, a salué «le discours du Premier ministre britannique qui a brisé le tabou du coût insupportable de l'immigration pour les nations européennes».

Habib Rahman, directeur de l'ONG Joint Council for the Welfare of the Immigrants, affirme au Guardian qu'en comparaison des Britanniques, peu d'immigrés demandent les aides à la recherche d'emploi:

«L’effet réel de ce discours sera l'accroissement de l'intolérance et l'accueil hostile auxquels sont confrontés les immigrants de la part de certaines parties de la société.»

Dans une lettre parue dimanche 7 avril dans le tabloïd the Sun, le Premier ministre défend sa politique d'austérité:

«Personne ne peut nier que notre système d'allocations a fait fausse route. Il a été inventé pour aider les gens à sortir de la pauvreté mais y a piégé trop de gens. Il devait être une solution provisoire en période difficile mais il est devenu un choix de style de vie pour certains. Il a été conçu pour nous réunir mais est à l'origine d'un ressentiment.»

Cette déclaration intervient après que le chancelier George Osborne ait fait le lien entre le cas Mike Philpott, un bénéficiaire des allocations condamné le 4 avril pour le meurtre de six de ses 17 enfants, et la nécessité d'une réforme, indique the Guardian. Un raccourci méchant, juge Ed Milliband, dirigeant de l'opposition, qui accuse le gouvernement d'exploiter une tragédie et de diviser le pays.

Selon The Guardian, 20,3 millions de familles reçoivent des aides de la part de l’État britannique. Ces allocations représentent plus de la moitié des revenus pour 9,6 millions de familles.

Célésia Barry
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