A l'heure où tous les regards sont tournés vers le stade olympique de Londres,
celui d'Athènes continue de rouiller dans l'oubli. Il y a huit ans, la
capitale grecque accueillait elle aussi en grande pompe les Jeux olympiques,
rappelle l'hebdomadaire Zeit, qui part en reportage sur les traces d'Athènes
2004.
La
zone olympique flambant neuve, plantée de bâtiments aux lignes épurées, s'est
muée en village fantôme, tandis que le gazon verdoyant a laissé place à une
lande piquée de mauvaises herbes.
«Les
jeux d'eau sont taris. Beaucoup d'arbres qui avaient été plantés pour les JO
sont depuis longtemps desséchés, car personne ne les arrose. Les toilettes sont
condamnées. Pas une buvette en vue. […] Aucune trace du parc de loisirs que les
organisateurs des JO avaient promis autrefois aux habitants d'Athènes. Le
plongeoir haut de 10 mètres du stade nautique s'élève vers le ciel. Mais il ne
faut pas sauter en dessous –la piscine est vide», écrit le
journaliste Gerd Höhler.
Même
constat au complexe olympique de la zone côtière de Faliro, dans la banlieue
d'Athènes:
«Aujourd'hui c'est la côte la plus désolée de Grèce.
Ici il y aurait dû avoir des piscines en plein air, des pelouses, des pistes
cyclables et un parc écologique. C'est ce qui était prévu dans le planning des
JO. Rien de tout ça n'a vu le jour. L'endroit est un îlot de solitude
poussiéreux et à l'abandon. La nuit, profitant de l'obscurité, des camions
viennent y déverser illégalement des gravats et des encombrants. Quelques
familles de roms vivent sur le terrain, dans des masures qu'ils ont fabriquées
eux-mêmes. Les riverains l'appellent le Sahara.»
Une
fois les Jeux terminés, la plupart de la vingtaine de bâtiments construits pour
l'occasion n'a en effet plus jamais été utilisée. Une aberration au regard du
budget dépensé: de 4,6 milliards d'euros prévus au départ, il est serait
passé, selon les chiffres officiels, à 11,2 milliards. Selon des estimations
indépendantes, il serait en fait grimpé à 20 milliards d'euros. Les sommes
dépensées pour Athènes 2004 ont porté un
coup fatal à la Grèce, estime le journaliste:
«Après
que le déficit budgétaire a atteint en 2002 une part encore tolérable de 3,7%
du PIB, ce taux est grimpé à 7,5% l'année des JO. En l'espace d'un an, les
dettes d'Etat sont montées de 182 à 201 milliards d'euros. Le chemin qui allait
mener la Grèce au désastre de l'endettement était ainsi déjà tracé.»
Un
avis partagé par le quotidien Ouest France, qui écrit:
«Ce
dérapage des comptes, de l’aveu même de Jacques Rogge, président du Comité
international olympique (CIO), a contribué “en partie, pour 2 à 3 %”
à l’augmentation de la dette extérieure du pays.»
Le
grand stade olympique dessiné par le célèbre architecte espagnol Santiago
Calatrava continue certes d'ouvrir ses portes de temps en temps pour accueillir
des matchs de foot, mais la plupart des sièges en plastique ont été
détruits par les supporters.
À lire aussi sur Slate.fr:
N'oublions pas aussi que les JO ont été attribués à Athènes avant les 11 septembre 2001 et que cet évènement a beaucoup contribué à l'explosion du budget sécurité des JO !
J'aimerais réagir à cet article qui est passablement imprécis.
J'ai visité les installations olypmiques d'Athènes il y a moins de trois semaines (début juillet 2012), la réalité est différente de celle qu'évoquée dans cet article.
Tout d'abord, c'est vrai qu'il y a peu de verdure. Mais par contre, nous avons trouvé facilement une buvette pour nous rafraîchir. Ensuite, il est vrai que le plongeoir des 10 mètres extérieur ne peut être utilisé car il n'y a pas d'eau dans la piscine. Mais le plongeoir olympique des 10 mètres en piscine couverte (à moins de 50 mètres) est utilisable et plus agréable, car il y fait bien moins chaud. Pour mémoire, il n'est plus possible d'utiliser le tremplin olympique d'Albertville non plus.
La piscine olympique couverte est d'ailleurs utilisée par des écoles et ouverte au public, ce qui assure son entretien. Lors de notre visite, elle était pleine de monde qui en profitait bien. Comme elle est à l'intérieur, le toit protège bien de la chaleur étouffante extérieure.
Le stade olympique, lui, est utilisé tout les week-end durant la saison footballistique (2 clubs l'occupent, l'EAK et le Panatinaikos). J'ai visité ce stade. Il n'y a pas un seul siège qui manque dans les tribunes! La pelouse, sur laquelle j'ai marché, est en excellent état et les vestaires pourraient faire mourrir d'envie une bonne partie des clubs de L1.
La salle de basket est également utilisée par deux clubs (AEK et Pana à nouveau). Elle est en parfait état et bien entretenue. En face se trouve les bureaux de la fédération greque de basketball.
Le vélodrome... je rêverais de rouler dessus.
Pour les comptes, par contre, je n'ai pas eu le plaisir de les voir, je ne peux donc pas en parler.
Je ne peux qu'approuver votre commmentaire.
Pour ce qui est des comptes, je me permets d'ajouter une remarque:
"Selon des estimations indépendantes, il serait en fait grimpé à 20 milliards d'euros"
Cela correspond à une propagande lancée par Nea Demokratia qui a consisté à ajouter au budget certes déjà explosé toutes les infrastructures qui ont été refaites pour l'occasion: hopitaux, routes, écoles, métro, trams, chemin piéton de l'acropole. Il est pourtant difficile de considérer que ce sont des dépenses "inutiles" tant elles ont amélioré - certes dans une certaine mesure - le quotidien des athéniens, et des touristes qui viennent toujours assez nombreux chaque année.
Je connais également les installations des jeux d'Athenes, et s'il est vrai que le gouvernemen n'a jamais fait grand chose d'efficace pour distribuer les installations correctement et les faire vivre, on ne peut pas confirmer ce que sous entend cette journaliste quant à l'état supposé de désolation dans lequel ces installations seraient actuellement.
Certes, ce n'est pas brllant et certaines sont à l'abandon, mais c'est loin d'étre un champ de désolation pour la plupart ou nous n'avons pas vu la même chose.