Économie / Politique

De quand datent les derniers coups de pouce au Smic?

Temps de lecture : 2 min

François Hollande a confirmé qu'il comptait revaloriser le salaire minimum au-delà du minimum légal.

opposable thumbs/lucianvenutian via Flickr CC License by

François Hollande a confirmé, mardi 29 mai sur France 2, lors de sa première interview télévisée depuis son élection, qu’il y aurait bien un «coup de pouce» au salaire minimum (Smic) comme il l’avait promis pendant la campagne électorale. Comprenez: le Smic augmentera d’un peu plus que l’inflation.

Le salaire minimum est en effet automatiquement revalorisé au moins une fois par an au minimum à hauteur du taux d’inflation auquel on ajoute «la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire, salaire mesuré par le salaire horaire de base ouvrier (SHBO)», explique l’Insee.

Le président n’a toutefois pas précisé l’ampleur de l’augmentation, précisant simplement qu’elle «devra rattraper ce qui n'a pas été accordé cette dernière année, [elle] devra aussi veiller à ce que ça ne déstabilise pas les entreprises»:

«Le chemin d'équilibre, c'est de permettre à des salariés qui sont payés au Smic, qui n'ont pas été revalorisés en terme de pouvoir d'achat depuis cinq ans d'avoir un coup de pouce, et en même temps de ne rien faire qui puisse déséquilibrer notamment les petites et moyennes entreprises qui sont aujourd'hui dans une difficulté de compétitivité.»

Le niveau du salaire minimum a été un des points centraux de la campagne présidentielle, et est au cœur de la consultation des partenaires sociaux lancée mardi par le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Syndicats de salariés contre patronat et PME

Chez les syndicats, FO et la CGT demandent une augmentation significative du Smic (à 1.700 euros brut pour cette dernière contre 1.400 actuellement), tandis que la CFDT considère cette somme comme «inatteignable». Les représentants du patronat et des PME s’inquiètent au contraire des effets négatifs que pourrait avoir une hausse trop marquée, notamment pour l’emploi.

Jean-Luc Mélenchon, qui avait proposé pendant la campagne présidentielle une hausse du Smic à 1.700 euros, comme la CGT, a réagi à l’annonce de François Hollande en estimant que le coup de pouce était une «erreur sociale» car personne «ne sait rien» sur le montant de cette augmentation.

De quand date le dernier coup de pouce? Nicolas Sarkozy a toujours refusé au cours de son quinquennat de revaloriser le Smic au-delà que l’augmentation minimum légale, expliquant en 2007 devant des journalistes:

«L’idée, c’est de nous sortir de la contradiction insupportable que connaissent les salariés et les entreprises de notre pays: d’un côté un Smic qui progresse fortement, sans lien avec les fondamentaux économiques, ce qui fragilise les entreprises à forte intensité en main d’œuvre; de l’autre un nivellement des salaires par le bas, avec une négociation salariale anémiée et des minima de branches parfois inférieurs au Smic.»

Augmentations sous Jacques Chirac

Mais Sarkozy est plutôt une exception. Les gouvernements successifs de Jacques Chirac ont tous augmenté le Smic davantage que le minimum légal, de Lionel Jospin à Jean-Pierre Raffarin en passant celui de Dominique de Villepin en 2005 et 2006, date du dernier coup de pouce en date.

La question des effets exacts d’une hausse du Smic sur l’économie divise les experts. Henri Sterdyniak, directeur du Département économie de la mondialisation de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), expliquait sur le site Quoi.info:

«Si la France est le seul pays d'Europe à prendre cette mesure, son effet sur l'économie sera pratiquement nul parce que la baisse de la compétitivité des entreprises compensera la hausse de la consommation. Mais si le coup de pouce français au Smic s’inscrivait dans une tendance similaire à l'échelle européenne, et notamment en Allemagne, il pourrait avoir des effets plus positifs.»

G.F.

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