Culture

«À la croisée des mondes», saison 1 épisode 8: «Trahison», récap et analyse

Temps de lecture : 7 min

[ATTENTION SPOILERS] Toutes les questions que l'on se pose après le huitième épisode d'«À la croisée des mondes» (et toutes nos réponses).

Une saison terminée, et encore beaucoup d'éléments de l'intrigue qui demandent à être explicités. | Capture d'écran via YouTube
Une saison terminée, et encore beaucoup d'éléments de l'intrigue qui demandent à être explicités. | Capture d'écran via YouTube

Avis aux fans de fantasy (et aux non-initié·es): l'adaptation du roman À la croisée des mondes a démarré le 5 novembre. Chaque semaine durant la diffusion de cette première saison, on analyse les épisodes et on vous aide à y voir plus clair. Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire sur Twitter. On y répondra peut-être la semaine suivante!

Vous vous souvenez de la «trahison» dont parlait le maître de Jordan dans le premier épisode et que Lyra était censée commettre?

Bah voilà. Il s'agissait en fait de la trahison de Lyra envers Roger, qui donne son titre à l'épisode. La jeune fille a faussement cru que sa mission était d'apporter l'aléthiomètre à son père, mais elle se rend compte trop tard qu'elle a mené Roger droit à sa perte, en faisant de lui le sacrifice idéal pour l'expérience d'Asriel.

Lord Asriel avait besoin de libérer une quantité d'énergie considérable pour ouvrir un passage vers un autre monde, ce qu'il a fait en tranchant le lien entre Roger et son dæmon.


Capture d'écran.

Dans la trilogie de Pullman, la mort de Roger à la fin du premier livre est un événement fondateur. C'est un moment traumatisant et le signe définitif, après les aventures à Bolvangar, que cette histoire est bien plus sombre qu'on l'aurait prédit. La série a très bien retranscrit cette scène cruciale, avec le dernier regard déchirant entre Lyra et Roger et la terreur du dæmon de ce dernier, Salcilia.

L'épisode est aussi ponctué de petits moments qui rendent sa conclusion encore plus tragique, comme le moment où Lyra et Roger jouent ensemble ou lorsqu'il dit à son amie qu'elle a changé sa vie, avant de la serrer dans ses bras.

Une dernière fois, c'est quoi cette histoire de péché et de Poussière?

Après leurs retrouvailles, Lord Asriel et Lyra partagent une scène qui contient peut-être l'une des conversations les plus explicites de la série sur la mythologie d'ALCDM. Lord Asriel explique à sa fille que le Magisterium (ou l'Église) pense que la Poussière représente le péché originel. Ses membres la craignent et cherchent donc à l'éliminer.

Pour rappel, la Poussière est une particule élémentaire qui se dépose en grande quantité sur les adultes après le passage à la puberté et la transformation définitive de leur dæmon. C'est pour ça que Marisa Coulter, qui appartient à une branche extrémiste du Magisterium, cherche à exciser les enfants et leurs dæmons, espérant que cela les empêchera d'être «salis» par la Poussière.

Sauf que la Poussière, c'est aussi ce qui fait fonctionner l'aléthiomètre et ce qui semble créer les passages entre plusieurs univers. Elle est davantage présente autour des adultes parce qu'elle symbolise le savoir et le libre arbitre, qui s'acquièrent avec l'âge.

Lyra et Pantalaimon réalisent ainsi à la fin de la saison que si tous ces horribles adultes considèrent la Poussière comme dangereuse, c'est peut-être qu'il faudrait en fait la protéger.

La pauvre Lyra, elle a vraiment des parents de merde, hein?

Sa mère tue des enfants, son père tue des enfants… À sa place, moi aussi je préfèrerais traîner avec des ours.

Est-ce que Iorek est toujours le meilleur?


Capture d'écran.

Oui. Mais Thorold a prouvé dans cet épisode qu'il est le deuxième meilleur.

Quel est l'ennemi suprême que Lord Asriel veut vaincre en voyageant vers un autre monde?

Au début de l'épisode, Asriel explique à Thorold qu'il lui faudra bientôt combattre un ennemi encore plus puissant que le Magisterium. Il s'agit de ce que les gens de cet univers appellent l'Autorité, c'est-à-dire… Dieu. Lord Asriel veut tuer Dieu. Oui, il est un poil mégalo –et ce n'est peut-être pas pour rien que son nom sonne beaucoup comme Azraël, l'ange de la mort.

En parlant de Lord Asriel, c'était un peu «Daddy Issues: l'épisode», non?

Il est distant, il est touchant, il est délicieux dans ses cardigans. En huit épisodes, James McAvoy a incarné ce daddy moletonné à la perfection, mais sa performance dans «Trahison» surpasse celle de tous les épisodes précédents. Merci à lui.


Capture d'écran.

Quel est le poignard que recherche Lord Boréal?

Dans cet épisode, notre cher Bobo a enfin la réponse à la question qu'il avait posée à l'aléthiomètre du Magisterium: «Qu'a découvert Stanislaus Grumman?»

Fra Pavel lui dit que Stanislaus Grumman a découvert l'existence d'un poignard, caché dans une tour entourée d'anges. Il s'agit très probablement du poignard subtil («the subtle knife») qui donne son nom au deuxième tome de la trilogie en anglais –en français, le livre s'appelle La Tour des anges. Vous en saurez donc plus dans la saison 2 sur cette fameuse tour, sur les propriétés de ce poignard et son rôle dans l'intrigue.

Quant au fils de Stanislaus Grumman, qui est censé conduire Bobo au poignard, il s'agit évidemment de Will.

Où vont Lyra et Will à la fin de l'épisode?

Juste avant que l'épisode ne s'achève, Will découvre le passage emprunté par Lord Boréal pour se rendre dans l'univers de Lyra. On pourrait penser que c'est là que le jeune garçon va se rendre à son tour, mais peut-être pas…

Quant à Lyra, elle traverse le passage créé par son père, lui aussi censé mener vers un autre monde. S'agit-il du monde de Will? Ou bien de la cité dans les cieux, que l'on peut apercevoir à travers les aurores boréales? Il faudra attendre encore un peu pour avoir la réponse.

Quoi qu'il en soit, en mettant en parallèle les destins des deux enfants, l'épisode réussit à se conclure sur une note presque aussi exaltante que le livre. L'introduction de Will aussi tôt dans la série n'a pas toujours fonctionné, mais Amir Wilson est tellement bon que l'on a hâte de le voir prendre une place plus importante dans l'intrigue de la saison 2.

Bon, bon, bon. Que retenir de cette première saison?

Après un film complètement raté en 2007, les attentes pour cette nouvelle adaptation de la trilogie culte de Pullman étaient très élevées. Et au terme de ces huit premiers épisodes, on n'a pas d'autre choix que de dresser un bilan en demi-teinte.

D'un côté, la série a conféré beaucoup de profondeur et de nuances à ses personnages adultes, notamment Mrs. Coulter. Cette dernière a toujours été une méchante fascinante dans les livres. Mais dans la série, elle se transforme en une sorte d'animal blessé, tiraillée entre sa ferveur scientifique et religieuse et l'amour surprenant qu'elle commence à ressentir pour sa fille. Le portrait de Marisa Coulter a été enrichi par son singe, beaucoup plus nuancé que dans les livres, et par l'interprétation magnétique de Ruth Wilson, qui dévore chaque scène dans laquelle elle apparaît.

D'ailleurs, le casting dans son ensemble est excellent. Anne-Marie Duff (Ma Costa), James Cosmo (Farder Coram), Nina Sosanya (Elaine Parry) ou Clarke Peters (le maître de Jordan), notamment, ont conféré à leurs seconds rôles une richesse que l'on n'attendait pas forcément.

De l'autre côté, la série a raté sa retranscription de plusieurs scènes cruciales du bouquin, en particulier l'affrontement entre Iorek et Iofur, la découverte de Billy Costa sans son dæmon et la scène de l'intercision à Bolvangar.

Quant à l'introduction d'un nouveau monde parallèle dès le second épisode, il s'agit d'un choix audacieux qui n'a pour l'instant pas vraiment payé. Voir les personnages de Lord Boréal et Will Parry introduits et développés dès la première saison était intriguant, mais les scénaristes les ont gardés en marge de l'histoire principale sans leur donner grand-chose à faire.

Le pire péché de la série, c'est sa représentation des dæmons, sans doute l'un des éléments les plus forts de la trilogie de Pullman. Ici, ils ont été quasiment absents de l'intrigue et n'ont que très peu de contacts physiques avec leurs êtres humains.

His Dark Materials est pour l'instant une adaptation visuellement remarquable, mais qui a fait preuve d'assez peu d'imagination et a raté certains des moments-clés du premier tome. Le fait que HBO ait sorti au même moment Watchmen, une adaptation brillante et déroutante qui reste fidèle à l'œuvre d'origine, rend cette version d'ALCDM encore plus pâle en comparaison. Pour la saison 2, on espère donc plus d'ambition et plus d'animaux.

En vrac

– On parle souvent des manteaux de Mrs. Coulter, mais celui de sa fille est vraiment pas mal non plus. D'ailleurs, vous noterez une certaine ressemblance familiale entre les manteaux de Lyra et de ses parents dans cet épisode.


Capture d'écran.

– Dans la catégorie «pères absents», le fait que Lord Asriel soit trop occupé à planifier le meurtre de Dieu pour passer du temps avec sa fille, c'est vraiment la cerise sur le pompon.

– Enfin une bataille avec l'armée des ours! Enfin six ours, quoi. Et racontée du point de vue de Lyra, pour pas dépenser trop d'argent non plus, hein.

– Le moment des adieux entre Iorek et Lyra était vraiment touchant. Il était temps pour un peu d'amour et d'affection dans ce monde si froid.


Capture d'écran.

«Les parents ne valent pas tous ces tracas»: Roger, voix de la sagesse.

– La gêne de Lyra face à Roger lorsqu'elle prend son bain nous rappelle que la jeune fille est à un âge charnière. Alors qu'elle a commencé la série en tant que petite fille, elle est sur le point d'entrer dans l'âge de la puberté, où il devient tabou de se montrer nu·e. Dans le livre, cette scène est différente: Lyra et Roger prennent tous les deux un bain et Lyra remarque que s'ils ont déjà été nus l'un en face de l'autre plein de fois dans leur enfance, ce moment-là lui semble différent –un présage des nombreux bouleversements à venir et de la maturité que Lyra va finir par acquérir. Comme pour Adam et Ève, l'arrivée du savoir (ou du péché originel) arrive avec la conscience de sa propre nudité.

– Après avoir aidé Will à tuer un ennemi, le chat lui montre le chemin vers un autre monde. Il est vraiment, vraiment sympa ce chat...

– D'ailleurs, quand le chat miaule, on dirait qu'il dit «Will». Serait-il le dæmon du jeune homme? TAMTAMTAM.

– Idée gratuite: un spin-off sur la routine capillaire de Lord Asriel.


Capture d'écran.

Sur ce, à la saison prochaine, et n'oubliez pas de faire des câlins à votre dæmon!

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