Culture

Les films à voir sur LaCinetek pendant votre confinement

Temps de lecture : 6 min

Pour faire passer les longues journées d'avril, les plateformes de VOD et SVOD risquent d'être vos meilleures amies. Côté cinéma, on vous résume ce qu'elles vous réservent. C'est au tour de LaCinetek.

Jodie Foster dans Contact, de Robert Zemeckis. | Capture d'écran via YouTube
Jodie Foster dans Contact, de Robert Zemeckis. | Capture d'écran via YouTube

Le temps n'est pas aux injonctions. Il faudrait profiter du confinement pour relire Les Rougon-Macquart en enchaînant les burpees, et tant pis si vous avez des enfants, un compte en banque dans le rouge et une brochette d'angoisses liées à la situation actuelle. Passer ses journées devant des séries (ou les aventures de l'âne Trotro) en mangeant des oursons en guimauve, c'est permis, tout comme rester dans son lit en contemplant le plafond.

Cela n'interdit pas d'avoir envie de trouver des alternatives à Netflix, OCS ou Filmo TV, et de rattraper quelques classiques que vous n'aviez jamais pris le temps de voir. Pour cela, le support idéal se nomme sans doute LaCinetek. Fondée fin 2015 par trois cinéastes (Laurent Cantet, Pascale Ferran et Cédric Klapisch), cette véritable cinémathèque en ligne se démarque clairement par son offre et par la façon dont son catalogue se compose et s'enrichit peu à peu.

Chaque mois, un·e cinéaste de renom y délivre la liste de ses cinquante films favoris, un maximum d'entre eux étant alors ajoutés au catalogue VOD du site. Plus de 1.400 films sont actuellement disponibles, avec un coût de location qui démarre habituellement à 2,99 euros... sauf en cette période si particulière, où toutes les locations sont actuellement à 1,99 euro (ou 2,99 euros en haute définition). Vous pourrez ainsi découvrir une partie des œuvres favorites de Bong Joon-ho, Lynne Ramsay, Alain Chabat et tant d'autres.

LaCinetek propose également un abonnement SVOD à 2,99 euros par mois (c'est même moins cher en s'abonnant à l'année): il s'agit d'une sélection thématique de dix films, qui change le 10 de chaque mois. Depuis le 10 mars, c'est une liste nommée «Au cœur de la nuit» qui est proposée, avec des films de Michelangelo Antonioni (La Nuit), Jim Jarmusch (Night on Earth) ou encore Michael Mann (Le Sixième sens). Dès le 10 avril, la sélection «Double je» s'installera pour un mois, avec Lost Highway, La Double vie de Véronique, Chromosome 3...

Toujours en expansion, LaCinetek livrera une version améliorée de son site dans le courant du mois de mai, avant que des appllications pour mobile, tablette et télévision soient lancées en septembre. Pour l'instant réservée à la France, l'offre sera étendue à la Belgique et au Luxembourg cet automne.

Garanti sans algorithme

Pour Alexandra Arnal, directrice marketing de LaCinetek, il y a (au moins) trois bonnes raisons de se tourner vers cette plateforme: «Tout d'abord, l'offre par abonnement est accessible en matière de tarif et complémentaire à une ou d'autres offres. Ensuite, les films étant soigneusement choisis par les cinéastes, vous avez la certitude de voir de bons films... C'est une vraie personne qui partage ses recommandations avec les utilisateurs et utilisatrices. Pas un algorithme.»

Le troisième point répond au second, comme l'explique Alexandra Arnal: «LaCinetek n'a pas été conçue dans un but commercial avec la volonté de gaver les gens de “contenus”, mais dans l'idée pour les cinéastes de partager leur amour du cinéma.» On peut tout à fait se gaver d'excellentes (ou de moins bonnes) séries sur Netflix, passer des nuits blanches à enchaîner les films sur l'une ou l'autre des plateformes SVOD, mais on peut aussi décider d'être davantage dans l'émotion et de passer un moment privilégié en rattrapant une perle cinématographique qu'on n'avait jamais pu voir.

Pour renouer avec cette époque, qui semble si loin mais qui reviendra, où la séance de cinéma avait quelque chose d'un peu solennel (horaire imposé, moment partagé...), c'est sans doute vers LaCinetek qu'il convient de se tourner.

Il y a plusieurs façons de naviguer sur LaCinetek. On peut décider de s'y promener comme dans n'importe quel autre autre catalogue, en comptant sur le hasard ou en recherchant une nationalité ou une décennie particulière. Des options permettent de trouver rapidement les films conseillés pour les moins de 6 ans et les moins de 11 ans.

Les cinéastes invité·es n'étant pas forcément des monstres de snobisme, les enfants peuvent aussi bien voir les sublimes Aventures du prince Ahmed, film d'animation signé par la réalisatrice allemande Lotte Reiniger en 1926, que La Guerre des boutons d'Yves Robert (qui a vieilli mais reste infiniment supérieur à ses deux adaptations datant de 2011). Buster Keaton, Charlie Chaplin et George Méliès sont également au rendez-vous.

Mille façons de trouver le film parfait

LaCinetek, c'est aussi l'occasion de faire plus ample connaissance avec les cinéastes que l'on chérit le plus au monde. C'est ainsi que la grande Justine Triet (Victoria) conseille pêle-mêle des films de François Truffaut ou Louis Malle... et les indispensables Contact de Robert Zemeckis, La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot ou Portrait of Jason de Shirley Clarke.

Personnalité préférée des Françaises et des Français (d'après un classement établi par nous-mêmes), Alain Chabat livre aussi ses recommandations. Parmi les films disponibles, outre quelques comédies populaires (de Rabbi Jacob au Jouet), le meilleur d'entre nous suggère de visionner Mondwest (beaucoup moins casse-pieds que la série Westworld), The Toxic Avenger (série Z devenue film étendard des productions Troma) ou encore Opération Dragon, pour vous initier à Bruce Lee.

Une recherche par pays permet également de tomber sur des pépites venues d'autres horizons, comme Insiang, formidable film de vengeance réalisé par le Philippin Lino Brocka. On peut recommander deux films du Burkinabé Idrissa Ouedraogo, Yaaba et Tilaï, réalisés à la fin des années 1980, ou le Hongrois Les Sans-espoir, fascinant condensé de torture psychologique signé Miklós Jancsó.

LaCinetek, c'est aussi l'exercice de la frustration, totalement assumé par la plateforme. Si l'on étudie par exemple la liste de Nabil Ayouch (Much Loved), on constate que trente-trois des cinquante films choisis sont disponibles à la location. La raison pour laquelle les autres ne le sont pas est toujours clairement indiquée. «Pas encore disponible», «négociation en cours», «droits bloqués actuellement»... c'est l'occasion de rappeler que la cinéphilie est l'école de la patience, et que certains films très alléchants restent hélas très difficiles, voire impossibles à voir pour peu qu'on se contente du circuit légal.

Si vous ne savez pas par où commencer et que vous souhaitez enrichir votre culture classique (ce qui, on le répète, n'a rien d'une obligation, puisqu'il y a mille façons d'être cinéphile), le site propose un classement simple mais puissant: grâce au «Top des listes», il est possible d'accéder aux films les plus cités par les cinéastes, mais également aux cinéastes les plus cité·es et aux cinéastes ayant le plus de films cités. Trois classements complémentaires qui peuvent servir de boussole dans cet univers si foisonnant.

Parmi les films disponibles, Voyage à Tokyo, La Règle du jeu, 2001 et Les Quatre cents coups occupent le podium des films les plus cités, ces deux derniers étant à égalité. Il faut hélas descendre bien plus bas dans la liste pour découvrir le premier film de réalisatrice du classement, Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda. C'est d'ailleurs le seul vrai défaut de LaCinetek: le site reste éminemment masculin, tant au niveau des cinéastes interrogé·es que sur le plan des films mis en valeur (ceci pouvant expliquer cela).

Raretés, trésors et films de femmes

Reste la section «Trésors cachés», la seule à ne pas être le fruit des choix des réalisateurs et réalisatrices, qui tente modestement de compenser cet immense déséquilibre. Pour peu qu'on essaie de voir un maximum de films de femmes (défi pas toujours simple à relever en raison de l'offre souvent rachitique), il peut être intéressant de se pencher sur la sous-section «Deutsche Kinematek», qui rassemble six films de réalisatrices allemandes tournés entre 1968 et 1999. Parmi eux, il faut absolument voir Who's Afraid of the Bogeyman, documentaire dans lequel Helke Misselwitz filme la vie des charbonniers travaillant dans une entreprise berlinoise.

La Cinémathèque française, l'INA, la Cinémathèque de Toulouse et la société Lobster Films (qui restaure et diffuse des classiques) proposent aussi des films estampillés «Trésors cachés», s'adressant à un public plutôt averti mais pouvant à coup sûr réchauffer le cœur de celles et ceux qui n'aiment rien tant qu'arpenter les cinémas de quartier et les cinémathèques. Jean Epstein, Raoul Ruiz et Jean-Paul Le Chanois sont notamment au programme. Et c'est quand même super chouette de les voir côtoyer Fantômas contre Scotland Yard.

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