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Tristesse contemporaine, britpop et poulet-garou: 10 films à ne pas rater (ou voir) en juin

Alexandre Hervaud, mis à jour le 04.06.2014 à 21 h 55

Marre du tout-venant cinématographique? Voici une sélection de perles sortant ces jours-ci en salle, en VOD, en festival, à l'étranger ou en piratage potentiel.

Wolfcop, le poulet de la pleine lune (DR).

Wolfcop, le poulet de la pleine lune (DR).

Au menu de ce mois de juin: de la comédie française, du Jackie Chan sautillant, du Johnny To, du cinéma anglais percutant, et plus encore...

Tristesse contemporaine

Laurent Lafitte et Vincent Macaigne sont deux acteurs tellement attachants qu'on serait capable d'aller voir une nouvelle nouvelle nouvelle adaptation de la Guerre des Boutons avec eux si d'aventure, sur un coup de tête alcoolisé ou un pari perdu, ils se compromettaient dedans. La perspective de retrouver cet hilarant duo accompagné par Ludivine Sagnier dans Tristesse Club, premier long métrage de Vincent Mariette en salles dès le 4 juin, nous réjouit donc au plus haut point, d'autant que ce long-métrage à base de demi-soeur sortie de nulle part, de père décédé pas tout à fait mort et de lacs mystérieux n'a pas l'air filmé par un chef opérateur malvoyant, contrairement à 65% des films français de cet ampleur.

Pas trop To

Malgré la reconnaissance critique et publique de son œuvre, la distribution de quelques bombes (Breaking News, Election 1 et 2) et une collaboration pas si mal avec notre Johnny national en sous-Samouraï melvillien (Vengeance), les films du hong-kongais Johnny To ne sont pas pour autant assurés de sortir dans les salles françaises.

C'est le cas de Drug War, montré en 2013 au festival du film policier de Beaune où il a empoché le Grand Prix, qui aura donc attendu plus d'un an à remontrer le bout de son nez dans l'hexagone sous la forme d'une sortie direct-to-video prévue pour le 18 juin prochain. D'après les premières images de ce polar sanglant sur fond de lutte contre un trafic de drogues (oui, ok, on a lu le titre), on ne se fera pas prier pour jeter un œil à ce To là.

Le trou

Dans le vocable anglais, lorsqu'un jeune délinquant dépasse l'âge maximale pour rester en prison juvénile et qu'il passe de ce fait dans un établissement pénitencier pour adulte, on le dit «starred up». C'est le titre original de l'excitant Les Poings contre les murs, nouveau film de David Mackenzie (My name is Hallam Foe) avec, dans le rôle principal (joliment baptisé Eric Love), le toujours impressionnant Jack O'Connell, éternel James Cook de la série Skins, habitué aux rôles brutaux au cinéma (voir le traumatisant Eden Lake).

Ses acolytes de casting ne sont pas pour nous déplaire puisqu'on y retrouve Ben Mendelsohn (l'australien révélé sous nos latitudes par Animal Kingdom) et Rupert Friend, aperçu en Peter Quinn dans la série Homeland. Pour une fois qu'un film énervé en anglais sort en salles (ce 4 juin) en France plutôt que de croupir dans les tiroirs d'un distributeur, on évitera de rater cette perle potentielle.

Britpop

Décidément, on reste dans la thématique outre-Manche (mais sans passer par la case salles françaises, cette fois-ci) avec la comédie british Svengali, retitrée pour sa distribution direct-to-video en France avec un terme Queenesque en diable (et bien plus vendeur), I Will Rock You.

Le film, avec notre chouchou Martin Freeman dans un second rôle, raconte les mésaventures d'un certain Dixie débarquant de son Pays de Galles natal à Londres pour devenir le manager d'un groupe de rock. La chose est mise en scène par un gaillard s'étant déjà frotté aux groupes cultes puisque John Hardwick a notamment réalisé un clip pour Blur (certes, M.O.R. n'est pas leur meilleure came). Le film est disponible en vidéo depuis le 3 juin, yeah.

Girls, Girls, Girls

Réalisateur du très chouette Drinking Buddies (sorti directement en VOD début 2014 en France sous le titre Ivresse entre amis), le prolifique Joe Swanberg, également acteur, n'a pas chômé depuis: outre le thriller inédit 24 Exposures sur un photographe un brin pervers, Swanberg a réuni un beau casting féminin (Anna Kendrick, Melanie Lynskey et Lena Dunham) pour son nouveau film, Happy Christmas.

Kendrick y incarne une vingtenaire fêtarde qui s'incruste chez son frangin (Swamberg) suite à une rupture. On imagine que le film pourrait bénéficier en France d'une sortie décalée à l'image de celle mise en place pour Drinking Buddies, mais Happy Christmas montrant le bout de son nez en VOD outre-Atlantique dès le 26 juin, nul doute que les plus impatients auront l'occasion de s'y frotter avant la fin de l'été.

Vous avez dit vampire?

Si j'avais du temps libre et 5.000 euros de budget devant moi, je partirais bien du côté de la Nouvelle-Zélande le 18 juin, histoire d'arriver le lendemain pour la sortie nationale du visiblement très drôle What We Do in the Shadows, mockumentaire sur un trio de colocataires vampires qui ne vivent pas forcément bien leur immortalité.

Parmi eux, l'excellent Jemaine Clement, échappé du duo pop-comique Flight of the Conchords, dont le personnage se prénomme Vladislay, pourquoi pas. Evidemment, après avoir vu le film, j'en profiterai pour aller aux studios de Peter Jackson en marchant très, très, très lentement sur le parking en hommage à sa nouvelle trilogie tolkiennique.

Jackie Chan, 60 piges

Jackie Chan a 60 ans, ce qui fait de lui le candidat idéal pour aller cachetonner dans un hypothétique Expendables 4. En attendant cette déchéance inéluctable, profitons donc de la sortie en vidéo dès le 10 juin prochain de sa dernière réalisation, Chinese Zodiac, dans laquelle l'acteur des Drunken Master joue un dénommé Asian Hawk («le faucon asiatique», pourquoi pas) chargé de dégoter une douzaine de têtes de bronzes représentant les douze signes du zodiaque chinois. Peu importe l'histoire, en fait: Jackie Chan, certes aidé par le numérique, semble déployer des trésors d'inventivité martiale qui nous font légèrement baver.

Un poulet-garou

Vous le savez sans doute, éclairé que vous êtes pour parcourir aussi loin le présent article, mais au risque de rabâcher l'évidence, «loup-garou» se dit werewolf dans la langue de Shakespeare (et de Roger Corman). Pas étonnant dès lors qu'un scénariste ricain puisse se croire malin en nommant Lou Garou le personnage du film Wolfcop qui, comme son titre le suggère, se penche sur la destinée d'un flic alcoolique ayant tendance à se changer en sale bête les soirs de pleine lune. Le trailer de ce film, visible au Canada dès le 6 juin, donne clairement envie de se laisser pousser les poils.

Autre temps, autre nurse

Le réalisateur Douglas Aarniokoski s'est illustré en mettant en scène, pour son premier long métrage Highlander Endgame en 2000, la dernière participation de Christophe Lambert à la franchise qui fit de lui une star immortelle dans les années 80. Plus actif en tant que réalisateur de seconde équipe sur des films allant de Austin Powers à Las Vegas Parano, Aarniokoski a mis en boîte l'an dernier une série B horrifique en 3D relief intitulée Nurse 3D avec la bombe Paz de la Huerta (Enter the Void) en infirmière un brin dérangée du bulbe. Le film sort en vidéo (notamment en Blu-ray 3D) par chez nous le 16 juin prochain, disponible sans ordonnance.

Un cas d'école

Pourquoi se casser le cul à paraphraser des bribes de synopsis quand le pitch fourni par la production se suffit à lui-même? Dans le cas de La Dernière Nuit, film de Franck Llopis sortant en salle (une seule à Paris, sans doute) le 25 juin prochain, et tourné dans le cadre d'une formation avec des élèves comédiens –courage, on pense fort à vous–, on va se contenter de copier-coller la chose piochée sur Allociné:

«2020, le monde entier est soumis à la dictature. Paris et toutes les capitales du monde sont sous l'emprise d'un ancien général d'armée qui a colonisé tous les continents pour prendre le pouvoir. Son seul dessein: détruire la planète et l'humanité. Pour cela, il force les plus grands scientifiques à mettre au point des substances destructrices. Sous l'effet d'un de ces gaz, le monde a perdu ses couleurs, les gens ne voient plus qu'en noir et blanc, ils ne parviennent plus à dormir... il n'y a plus de nuit... que des jours à essayer de vivre et trouver le sommeil. Mais ceci n'est que le début...»

OK, merci.

Alexandre Hervaud
Alexandre Hervaud (231 articles)
Journaliste
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