Les groupes de métal, un indicateur du développement économique et humain

Le groupe Kiss en 2004 | Licence CC by FlickR

Le groupe Kiss en 2004 | Licence CC by FlickR

En avril 2012, Richard Florida, géographe et éditorialiste à The Atlantic, s'est penché sur le nombre de groupes de métal présents dans chaque pays du monde. Sa carte montre que l'Europe du Nord, la Scandinavie particulièrement, en possède un nombre très important par rapport à sa population. La Suède compte ainsi plus de 50 groupes de métalleux pour 100.000 habitants.

Deux ans plus tard, l'Américain a repris sa carte pour essayer de trouver les raisons d'une telle sur-représentation du métal dans le Nord.

Sa permière piste repose sur le système éducatif de ces pays. Les élèves scandinaves ont des cours d'éducation musicale dès leur plus jeune âge et la pratique d'un instrument est vivement encouragée. Ce terreau musical serait ainsi propice à acquérir une exigence technique dont les guitaristes et batteurs de métal sont friands.

Il fait ensuite la corrélation entre ce nombre élevé de groupes et la santé économique des pays. Plus un pays possède un PIB par habitant important et un IDH (Indice de Développement Humain) haut, plus il a de métalleux parmi ses citoyens. 

La Norvège est par exemple le pays du monde avec le premier IDH et possède le 3ème PIB mondial par habitant. Cette tendance varierait également avec la proportion de citoyens titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur (66% de diplômés en Suède).

De manière plus pragmatique, il trouve une explication dans le paysage culturel scandinave :

«Même si ces groupes proviennent d'un milieu défavorisé ou marginalisé, ce sont les sociétés les plus riches et avancées qui possèdent le système médiatique pour faire émerger de nouveaux sons. Et ce sont aussi eux qui possèdent la masse de jeunes capables d'acheter leur produit.»

L'image du métalleux a bien changé depuis des années, même si elle a été entachée il y a peu par l'affaire Varg Vikernes. Il n'est plus vu (sauf peut-être par Christine Boutin) comme un sauvage bourru et inculte qui fait des messes noires dans une cave. Et l'étude de Richard Florida vient prouver une nouvelle fois le contraire.