Culture / Culture

Brandalism: quand le street art remplace les publicités

Temps de lecture : 2 min

Œuvre de Sean Martindale à Bristol, via Brandalizing

Imaginez: vous vous levez le matin, et tous les panneaux publicitaires ont été remplacés par des œuvres de street-art. Dans le métro. Sur les arrêts de bus. Sur les murs des immeubles devant lesquels vous passez chaque jour. C’est ce qui est arrivé à des milliers de Britanniques en début de semaine; le collectif Brandalism est passé par là.

Brandalism regroupe une quarantaine d’artistes, britanniques, américains, français ou italiens. Leur mission: «récupérer les espaces qu’on nous a pris». Ceux envahis par les pubs. Pour ce faire, ces artistes pratiquent le «subvertising».

Autrement dit, ils remplacent ou détournent les publicités de grandes enseignes, de Coca-Cola à McDonald’s en passant par Chanel. Sur leur site, ils expliquent les raisons de leur démarche:

«Brandalism est parti de la conviction démocratique que la rue est un espace de communication, qui appartient aux citoyens et aux communautés qui y vivent. C’est une rébellion contre l’assaut visuel des géants des médias et des magnats de la publicité.»

C’est en 2012 que Brandalism avait mené sa première campagne de grande ampleur, principalement à Londres. Depuis, le collectif a grandi. Liverpool, Glasgow, Edinbourg, Manchester, Leeds, Oxford, Londres, Brighton, Bristol et Birmingham. Cette fois-ci, c’est dans ces dix villes que le collectif d’artistes Brandalism a frappé. Plus de 350 panneaux ont été détournés.

Des dessins, graphs et inscriptions ont remplacé les célèbres publicités. En plus de protester contre la publicité en elle-même, Brandalism en profite pour aborder d’autres sujets: la liberté d’expression, les nouvelles technologies, la société de consommation, l’environnement, l’austérité…

Cliquez sur les images pour les agrandir

«# ça ne changera pas le monde», Paul Insect via Brandalism

Paul Insect via Brandalism

«Nous vivons dans l'ère de la finance. 30 ans d'inégalités croissantes au Royaume Uni», Agit Art Works via Brandalism

«Un bon plan pour une retraite saine», Hutch via Brandalism

Mais en fait, comment s’y prennent-ils pour échanger ces panneaux? Bien entendu, il est hors de question de demander la permission (qu’ils n’obtiendraient certainement pas d’ailleurs), expliquait pour sa part Banksy, célèbre artiste de street art en 2012:

«On ne doit rien à ces compagnies. On leur doit même moins que rien, surtout pas de la courtoisie. C’est elles qui nous doivent quelque chose. Elles ont réarrangé le monde pour s’imposer à nous. Elles ne nous ont jamais demandé la permission, alors ne commençons pas à la leur demander.»

Brandalism a trouvé une autre solution: se faire passer pour des agents de l'entreprise d'affichage, et installer ses affiches. Ni vu, ni connu.

Camille Jourdan Journaliste

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