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Pourquoi les personnages se réveillent-ils en sursaut dans les films?

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 20.05.2014 à 15 h 01

«Vertigo» d'Alfred Hitchcock.

«Vertigo» d'Alfred Hitchcock.

C'est une scène que vous avez vue dans des centaines, des milliers de films: un dormeur se réveille brutalement et se retrouve soudain assis à angle droit sur son lit. En anglais, on appelle cela un catapult nightmare.

Un cliché du cinéma comme de la télévision qui se niche même chez les plus grands metteurs en scène, puisqu'on le retrouve dans Deux fenêtres, de Naomi Kawase, solide candidate à la Palme d'or dont le film a été présenté lundi 19 mai à la presse. 

La réalisatrice japonaise n'est pas la première grande à s'en servir.

Vertigo d'Alfred Hitchcock (1958)

Et des beaucoup moins grands s'en servent aussi.

Le Cinquième élément de Luc Besson (1997)

Un article de Vanity Fair de 2002 citait d'ailleurs ce type de réveil parmi les règles-clichés des films hollywoodiens: «Toute personne se réveillant d'un cauchemar doit toujours s'asseoir précipitamment, droit comme un piquet dans son lit, et crier.»

C'est un procédé utile, comme le relève le site TVTropes, pour montrer au public qu'il s'agit bien d'un rêve et marquer une rupture frappante.

Mais ce n'est pas seulement un artifice de cinéma, selon Sylvie Royant-Parola, médecin spécialiste du sommeil. Cela arrive effectivement dans la vie, c'est même fréquent chez les enfants: 5 à 8% se réveillent ainsi parfois, brutalement, en s'asseyant dans leur lit.

Cela arrive aussi chez les adultes, et peut résulter de trois choses. De comportements somnambuliques: «Plutôt que de sauter du lit, les gens s'asseyent» explique-t-elle à Slate. Ils n'en sont pas conscients et ne s'en souviendront pas au réveil. 

Cela peut aussi arriver dans les «terreurs nocturnes», qui sont un autre type de trouble du sommeil (parasomnie) proche du somnambulisme, où les gens «manifestent énormément physiquement mais ne sont pas en train de raconter une histoire très compliquée en termes de rêves». Le simple souvenir qu'ils en ont après, c'est une chute, ils tombent dans un trou, se font écraser... «Ils crient, et ont l'air paniqué.» Cela arrive en début de nuit et en phase de sommeil profond. Mais dans ces deux premiers cas, on se rendort ensuite, pas comme Bruce Willis dans Le Cinquième élément qui commence ensuite tranquillement sa journée de sauvetage de la planète. 

Ces réveils brusques et assis peuvent enfin survenir à l'issue de cauchemars. La personne est alors plus ou moins éveillée «et peut se redresser de manière aussi brutale que dans la scène de Vertigo, les yeux ouverts». Mais ce n'est pas forcément aussi systématique qu'au cinéma.
 
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Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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