Cannes 2014 / Culture

Anne Sinclair accuse le film de Ferrara d'antisémitisme

Temps de lecture : 2 min

Outre DSK, appellé Devereaux, et joué par Gérard Depardieu, il y a dans Welcome to New York d'Abel Ferrara le personnage d'Anne Sinclair, appelé Simone et joué par Jacqueline Bisset. Plusieurs fois, ce personnage parle d'argent, ses liens avec Israël sont très vite évoqués. Mais surtout dans un dialogue entre les deux personnages du couple, Devereaux évoque les parents de Simone, leur argent, la façon dont ils ont fait fortune, et leur rôle prétendument louche pendant la guerre.

Ce sont, selon Anne Sinclair, qui l'écrit dans un court billet publié sur son site, le Huffington Post, «des attaques (...) clairement antisémites, motivées chez le réalisateur sans doute par ses propres problèmes, et chez le producteur par son goût du profit».

Elle précise:

«Les allusions à ma famille pendant la guerre sont proprement dégradantes et diffamatoires. Elles disent le contraire de ce qui fut. Mon grand-père a dû fuir les nazis, et a été déchu de sa nationalité française par le gouvernement de Vichy. Mon père a rejoint la France Libre et a combattu jusqu'à la Libération. Dire autre chose relève de la calomnie.»

Anne Sinclair n'est pas la seule à s'être indignée de ces répliques du film. La critique du Monde notait l'antisémitisme de ces propos avant l'ex épouse de DSK:

«Tout irait bien si le premier trait qui la caractérise n'était la double allusion à sa fortune et à l'usage qu'elle en fait comme grande donatrice à Israël. Cette scène, qui semble ne servir qu'à poser l'équation entre les juifs, le pouvoir et l'argent, donne dans le fantasme antisémite. Plus loin dans le film, Devereaux lui reprochera les agissements de sa famille, qui aurait profité de la seconde guerre mondiale pour faire sa fortune. Quand on sait que le personnage est inspiré d'Anne Sinclair, dont le grand-père, le collectionneur d'art Paul Rosenberg, a fui le nazisme et s'est vu confisquer ses tableaux pendant la guerre, cette insinuation est injustifiable.»

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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