Culture / Cannes 2014

«J'espère que je resterai une de vos "vaches sacrées"»: relisez une lettre de 1962 de Grace Kelly à Hitchcock

Temps de lecture : 2 min

Cary Grant et Grace Kelly dans «La Main au collet» (1955).
Cary Grant et Grace Kelly dans «La Main au collet» (1955).

En 1956, Grace Kelly renonce, par son mariage avec Rainier de Monaco, à sa carrière hollywoodienne, incompatible avec le statut d’épouse du prince monégasque. Six ans plus tard, pourtant, elle est tentée par un retour sous les projecteurs et accepte le rôle que lui offre Alfred Hitchcock dans Pas de printemps pour Marnie. Un épisode que retrace Grace de Monaco d'Olivier Dahan, qui fait l'ouverture du 67e Festival de Cannes ce mercredi 14 mai.

Un projet qu’elle finira par abandonner au profit de Tippi Hedren. À regrets, comme en témoigne cette lettre, émouvante de complicité (elle se moque gentiment du qualificatif de «bétail» que Hitchcock utilisait pour ses acteurs) et de tendresse.

«18 juin 1962,

Cher Hitch,

Cela m’a brisé le cœur de devoir abandonner le film –j’étais tellement enthousiaste à l’idée de le faire et particulièrement à l’idée de travailler de nouveau avec vous.

Lorsque nous nous reverrons, j’aimerais tout vous expliquer en personne, ce qui n’est pas facile à faire avec une lettre ou à travers une tierce personne. Il est malheureux que cela ait du se passer de cette manière et je suis profondément désolée –merci, cher Hitch, d’être si compréhensif et bienveillant à mon égard.

Je déteste vous décevoir. Je déteste également le fait qu’il y ait probablement d’autres "bestiaux" capables d’interpréter ce rôle avec talent. Malgré tout, j’espère que je resterai l’une de vos "vaches sacrées".

Avec ma profonde affection,

Grace.»

Et la réponse d’Alfred Hitchcock à Grace Kelly:

«26 juin 1962,

Ma chère Grace,

C’était triste en effet. J’avais très hâte de m’amuser et de prendre plaisir à faire un film avec vous de nouveau.

Sans l’ombre d’un doute, je pense que vous avez pris, non seulement la meilleure décision, mais aussi la seule décision possible, celle de mettre le projet de côté pour le moment.

Après tout, ce n’était qu’un film. Alma se joint à moi pour vous envoyer nos plus sympathiques et nos plus affectueuses pensées.

P.S. J’ai ajouté une petite cassette, que j’ai faite spécialement pour Rainier. Je vous en prie, demandez-lui de l’écouter en privé. Ce n’est pas pour toutes les oreilles.»

DesLettres

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