Histoire / Culture

La fabuleuse histoire des premiers festivals de Cannes en bande dessinée

Temps de lecture : 2 min

Des premiers scandales à aujourd'hui

Le premier Festival de Cannes a eu lieu en 1946. C'est un peu récent. Tu m'diras, le cinéma c'est pas trop vieux non plus. Mais la vérité, c'est que le Festival est né en 1939.

Tout était prévu pour le mois de septembre 1939, tout. Les films, les acteurs, les palmes. Fin août, tout le monde commence à venir à Cannes pour être mieux logé, mieux placé, mieux vu, mieux tout. Et puis hop, qui voilà? HITLER.

Non, pas sur la Croisette, mais en Pologne. Il se prépare à l'envahir. Du coup, tout le monde est un peu tendu. On remballe tout, les acteurs, les projecteurs et le tapis rouge...

Les mecs qui ont investi un peu de pognon –genre Philippe Erlanger, qui est à la fois le créateur du Festival, le directeur de l'Association française d'action artistique puis le chef du service des échanges artistiques, au ministère des affaires étrangères, et Jean Zay, ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux-Arts– font tout pour que le festival puisse avoir lieu en décembre de la même année, puis en avril 1940, puis en avril 1942. Ils ne lâchent rien.

En 1945, Erlanger, se dit que maintenant c'est bon, la guerre est finie, le festival va pouvoir se faire. Mais la France, en 1945, elle a un peu autre chose à faire que donner des récompenses au cinéma, genre arranger ses routes, ses chemins de fer, reconstruire les villes bombardées, manger. Bref, d'autres trucs un peu importants.

1946: le premier Festival

Le 20 septembre 1946, on peut enfin assister à l'ouverture du premier Festival international du Film de Cannes. On y retrouve 21 pays, 68 courts métrages et 40 longs. C'est La bataille du rail de René Clément qui remporte le Prix du Jury International: le temps des luttes et de l’héroïsme est mis en valeur. Michèle Morgan et Ray Milland sont les premiers lauréats des Prix d'interprétation.

Finalement, tout le monde est content. Donc c'est plutôt chouette, on remballe tout et on se dit à l'an prochain.

Mais non. C'est un peu plus compliqué. Personne ne veut payer une nouvelle fois, ni les ministères, ni la ville, ni les partenaires locaux (hôtels, restaurants, commerces).

En plus, le peu d'argent disponible est passé dans la construction du Palais du Festival. Palais qui a des mois de retard et ne sera jamais prêt dans les temps.

Enfin, il faut s'entendre sur un calendrier avec le Festival de Venise, la Mostra, qui va réapparaître après la chute de Mussolini et le retour à un régime démocratique. Faudrait pas se faire la guerre pour deux films présentés en même temps, alors le deuxième Festival de Cannes est repoussé au printemps de 1949. Enfin.

Scandales et censure

A partir de 1951, ça se stabilise. C'est le printemps, tout va à peu près bien. Bon, il y a quelques petits incidents, genre Simone Silva qui montre ses nichons et Robert Mitchum qui les lui touche. A l'époque ça a fait scandale. Aux Etats-Unis on voulait plus de Robert sur les écrans, et pour Simone... Bah, elle s'est suicidée... Enfin, non, elle a fait un AVC parce qu'elle avait arrêté de se nourrir parce qu'elle se trouvait trop grosse...

D'autres problèmes, plus importants, genre diplomatiques. Tous les films faisant références aux dernières guerres sont rejetés par les pays rivaux lors de ces conflits. C'est relou, du coup Hiroshima mon amour d'Alain Resnais est retiré pour pas que les Américains pètent un câble. Et vu que se sont eux qui amènent le plus de pognon...

Il faudra attendre vingt ans pour qu'on passe à autre chose. À partir de Mai 68, on ne parle plus de guerres mais de liberté. Le cinéma connaît une mutation, de plus en plus de pays s'y retrouvent.

En 1980, le Festival de Cannes devient la plus grande manifestation cinématographique du monde. Du coup, le Palais de la Croisette est devenu trop petit et on déménage au Palais des Congrès offert par la municipalité... Alors qu'en 1947, personne ne voulait payer...

Depuis, c'est la grosse fiesta, pas d'incident majeur. Si ce n'est un de temps en temps: Nabilla, ou un peu de sperme en 3D.

Marine Gasc et Estelle Vonfeldt

Newsletters

Le bidet (enfin) à la conquête des États-Unis

Le bidet (enfin) à la conquête des États-Unis

L'invention française longtemps délaissée outre-Atlantique est en bonne voie pour séduire les Américains.

L'élégance de «ballerine légère» que Jackie Kennedy doit à Hubert de Givenchy

L'élégance de «ballerine légère» que Jackie Kennedy doit à Hubert de Givenchy

Décédé le 10 mars à l’âge de 91 ans, le couturier français était sans conteste le préféré de la Première dame la plus emblématique des États-Unis.

L'histoire rocambolesque de l'acteur qui s'est fait passer pour un général durant la Seconde Guerre mondiale

L'histoire rocambolesque de l'acteur qui s'est fait passer pour un général durant la Seconde Guerre mondiale

Les services secrets britanniques ont brouillé les pistes en 1944 en utilisant l’acteur Clifton James, pour interpréter le rôle de sosie du général Montgomery.

Newsletters