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Une première depuis 1959: un film américain tourné à Cuba (sur Hemingway, bien sûr)

Temps de lecture : 2 min

Cuba / Edmondo Gnerre via Flickr CC License By
Cuba / Edmondo Gnerre via Flickr CC License By

Cuba. Le soleil et la plage, le rhum et les cigares… Et le tournage d’un film hollywoodien qui vient de s’achever. Le premier depuis 1959 et le début de l’embargo imposé par les Etats-Unis à l’île caribéenne, rapporte le Hollywood Reporter.

Papa, du surnom d’Ernest Hemingway, retrace l’amitié entre le prix Nobel de littérature et le journaliste Denne Bart Petitclerc. L’écrivain américain a passé plusieurs années de sa vie à Cuba, entre 1939 et 1960. Là-bas, il y rencontre un jeune journaliste qui l’admire profondément: Petitclerc. Les mémoires de celui-ci donnent aujourd’hui naissance à un biopic. Adrian Sparks campe l’auteur du Vieil Homme et la mer, tandis que Giovanni Ribisi interprète son ami journaliste.

Bob Yari, réalisateur de Papa, confie qu’il tenait absolument à ce que son film soit tourné à Cuba, et plus précisément à La Havane où Hemingway avait une maison, un bateau, et où avait l’habitude de pêcher. Les scènes ont pu être tournées dans ces lieux authentiques, mais aussi dans l’ancien palais du gouvernement, aujourd’hui transformé en musée consacré à Fidel Castro.

«Tout est ici. Essayer de reconstituer tout cela ailleurs ne m’emballait pas vraiment.»

Tout n’a pas été simple pour Bob Yari. Il lui a fallu pas moins de deux à trois ans pour obtenir le droit de tourner à Cuba. Il y a peu, il décroche finalement une autorisation du département du Trésor des Etats-Unis. L’équipe de tournage devient alors la première à bénéficier d’une dérogation à un embargo installé depuis 45 ans. Car si certains films, comme Le Parrain 2, se passent officiellement à Cuba, ils ont été notamment tournés en République Dominicaine.

Papa a également reçu le soutien de l’ICAIC, institut étatique du film à Cuba, qui a plus pour habitude, précise The Guardian, d’aider des films anti-impérialistes.

Mais tous ces soutiens n'ont pas rendu le tournage idyllique pour autant. Connexions Internet mauvaises, des tournages annulés à la dernière minute à cause d’autorisations manquantes... Joely Richardson, au casting, raconte:

«Ça a été un tournage chaotique. Chaque jour, il y avait un nouveau drame. C’était dingue. Mais vous savez quoi? C’était fantastique.»

Ce film consacré au grand écrivain américain marque-t-il un nouveau relâchement entre les Etats-Unis et Cuba?

Deux éléments principaux ont contribué à ce que les deux nations acceptent de travailler ensemble sur ce film. Tout d’abord, Yari a qualifié Papa de documentaire. Les autorités n’auraient certainement pas été aussi indulgentes pour un autre film, assure le Hollywod Reporter:

«Il est improbable qu’un blockbuster hollywoodien obtienne la même autorisation dans le futur.»

Deuxième élément non négligeable: l’amour porté tant par les Etats-Unis que par Cuba à Ernest Hemingway:

«L’affection mutuelle que portent ces deux pays à Hemingway figure parmi les peu de choses sur lesquelles ils sont d’accord. […] Il n’est donc pas surprenant que le premier film hollywoodien tourné à Cuba parle de lui.»

Néanmoins, quelques autres événements récents semblent marquer une certaine détente entre La Havane et Washington, rappelle The Guardian:

«Barack Obama a levé presque toutes les restrictions imposées aux voyages et à la circulation d’argent entre Cuba et les Etats-Unis, et il a encouragé les échanges étudiants. L’an dernier, le président américain a serré la main de son homologue cubain Raul Castro, lors des funérailles de Nelson Mandela.»

De son côté, le successeur de Fidel Castro est lui aussi à l’origine de changements sur l’île:

«[Raul Castro] a assoupli les restrictions de circulation, encouragé l’entreprise privée, promis des réformes sur la monnaie, et initié un projet majeur pour construire une zone de libre-échange au port de Mariel.»

Camille Jourdan Journaliste

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