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Je me suis levé au milieu de la nuit pour regarder le retour de «24»

Grégor Brandy, mis à jour le 06.05.2014 à 10 h 22

Ces évènements se déroulent entre 23 heures et 4 heures du matin.

Jack Bauer est de retour (Fox).

Jack Bauer est de retour (Fox).

Quand j’ai proposé de faire un article sur le retour de 24 et qu’on l’a accepté, je me suis dit que j’avais le meilleur boulot du monde. La dernière fois que je m’étais levé au milieu de la nuit pour regarder une série, c’était pour le dernier épisode de Lost, en 2010.

A part le goût amer laissé par ce triste final, je me souviens des longues minutes passées à trouver un stream pas trop pixellisé pour regarder la version diffusée à la télé américaine.

Cette fois-ci, c'est différent. Canal+ diffusait les deux premiers épisodes de la saison 9 de 24 avec un léger retard pour ne pas finir plus tôt que la version américaine, pub oblige. J'aurais bien sûr pu attendre ces quarante petites minutes de plus et le regarder en bonne qualité, sur ma télé, sans pub, avec des sous-titres décents. Mais cela voudrait dire me sevrer des réseaux sociaux pour ce double épisode, histoire d'éviter d'éventuels spoilers.

Me voilà donc à partir à la recherche du stream parfait. Et si pour le sport, les sites fournissant des liens sont légion, trouver un site donnant un lien d’un flux (qui n’est pas mort et qui ne freeze pas toutes les dix secondes) qui diffuse la Fox n’est pas si simple.

Mais avec une bonne combinaison de mots clés, le site parfait (sobre, rapide, non-payant, sans pub, sans inscription et avec une vidéo de bonne qualité) remonte en tête des recherches Google. Il est 23h30, 17h30 sur la côte est des Etats-Unis. Un journal ouvre sur quarante bébés bergers allemands sauvés. Pas de doute, je suis sur la bonne chaîne.

Il reste deux heures et demie avant le début du premier épisode, mais tout est prêt.

Sur Twitter, on attend.

Ce que je n’avais pas vraiment anticipé, c’est que le stream ne tiendrait pas le coup. A 1h53, soit sept minutes avant le début, un écran noir remplace ma vidéo.

A ce moment-là, je passe par les cinq étapes du deuil.

1. Le déni. Non ce n’est pas possible.

2. La colère. Putain, pas maintenant!

3. Le marchandage. Si tu me laisses regarder, je promets de ne plus dire de mal des séries de la Fox.

4. La dépression. Je vais faire comment?

5. L’acceptation. OK, je vais regarder sur Canal.

Après un quart d’heure passé à chercher une solution, j’abandonne donc. Je regarderai sur Canal+ et je laisserai un oeil sur Twitter, en priant pour qu’il n’y ait pas trop de spoilers.

Et lorsque je zappe sur Canal+, je tombe sur l’épisode des Simpsons qui parodie la série. Le temps d’un hebdo consacré là encore à la série, et c’est parti pour 80 minutes.

On y parle de drones, la torture est toujours là, les explosions aussi. Chloé est devenue une ado rebelle. Du coup, on aimerait bien faire revenir Bill Buchanan, qui pourrait lui expliquer qu’on n’a pas vraiment le temps pour ça.

Jack s’en prend verbalement à un Julian Assange brun, assez antipathique, ce qui rappelle le temps où 24 taclait Amnesty International. Stephen Fry et Lady Stark font une courte apparition.

Comme d’habitude, une seule personne comprend ce qui se passe et personne ne l’écoute. Cette année, c’est Yvonne Strahovski, alias Kate Morgan, et anciennement Hannah McKay dans Dexter.

Comme d’habitude, on s’infiltre, on exfiltre… Courses-poursuites, traques, tout ce qui a fait l’ADN de la série pendant huit saisons est de retour. Mais cela signifie aussi les justifications des guerres menées par les Etats-Unis, les drones, les relations internationales…

Sur Twitter, on essaie de trouver la bonne blague.

Ou de faire des prédictions.

Mais la plupart du temps, le nombre de tweets est tellement énorme qu’il est impossible d’en lire un complètement, les uns chassant les autres, ce qui règle le problème des spoilers assez rapidement.

Apparemment les Américains ont l’air d’apprécier.

Et les Français aussi.

C’était sans doute le seul objectif de la soirée et il est pleinement accompli. Et pour les haters, vous pourrez toujours aller boire un verre avec Kiefer Sutherland.

Grégor Brandy
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