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«Quatre Mariages et un enterrement»: la meilleure comédie romantique du monde a 20 ans cette année

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 27.04.2014 à 13 h 07

«Quatre Mariages et un enterrement», Hugh Grant et Kristin Scott Thomas

«Quatre Mariages et un enterrement», Hugh Grant et Kristin Scott Thomas

Il y a tellement de scènes cultes, dans Quatre Mariages et un enterrement, que je ne saurais pas laquelle vous rappeler pour vous faire le plus sourire: les réveils manqués de Charles (Hugh Grant) toujours en retard aux enterrements? Le moment où il oublie les bagues pour Angus et Laura à l'église? Le moment où il est caché dans un placard pendant que Bernard et Lydia fêtent joyeusement leur nuit de noce dans la chambre? Ou bien toute la galerie de personnages secondaires fabuleux - parmi lesquels Kristin Scott Thomas. Voire la scène finale, dans laquelle Carrie (Andie MacDowell) et Charles s'étreignent sous la pluie, culte pour sa miévrerie, mais culte quand même. 

C'est la maladresse des personnages, la gêne provoquée par tant de moments dans ce film, qui ont fait son charme absolu, à une époque où les productions à la mode étaient Basic Instinct, Indecent Proposal, Sliver ou Liaison fatale. La gaucherie de ce film de Mike Newell, scénarisé par Richard Curtis, était «subversive», comme un article de The Atlantic le souligne dans son titre.

«En fait, Curtis et [Mike Newell] ont réussi à dérouler chaque rôle contre son propre stéréotype: le pasteur est d'accord pour qu'un homosexuel prononce un éloge funèbre dans son Eglise; les riches ne sont jamais prétentieux; des gens qui ne sont ni des méchants ni des Français fument des cigarettes; le héros s'en prend à son frère sourd; un personnage homosexuel meurt sans que ce soit du Sida. Même les deux protagonistes de l'histoire d'amour centrale renversent l'ordre masculin-féminin habituel des rôles de ce genre: le personnage joué par Hugh Grant, Charles, est écervelé et volage, et a les attributs généralement donnés à la fille, tandis que le personnage fort et à l'intelligence vive (bien que souvent pernicieuse) est celui d'Andie MacDowell, qui joue Carrie».

Un bon rappel pour Hollywood: inverser les shémas qui marchent n'est pas toujours une mauvaise idée. Ce dont les producteurs d'alors, d'ailleurs, n'étaient pas assurés. Dans un article du Guardian, Richard Curtis et le producteur Duncan Kenworthy se souviennent de l'incertitude flottant autour du film. Et commentent pour le quotidien britannique des reliques de l'époque. On y trouve notamment cette feuille, sur laquelle le distributeur américain énumère les six raisons pour lesquelles le titre Quatre Mariages et un enterrement ne peut pas fonctionner: 

Richard Curtis explique: «La seule chose dont nous étions sûrs, concernant le film, quand nous l'avons rendu, c'était que nous avions un bon titre». «Mais au lieu de dire "Non, vous avez tort, notre titre marche", complète le producteur, «Richard a dit: "Vous avez peut-être raison. Si vous trouvez un meilleur titre, on vous suivra"». Curtis:

«Nous avons donc cédé à la pression. Nous avons notamment étudié l'option de The Best Man (Le Témoin), et nous étions sur le point d'adopter ce titre, mais il se trouve que c'était déjà celui d'un film d'Henry Fonda datant de 1964. Dieu merci, ce n'était donc pas disponible». 

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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